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Thomas Pawlowski, directeur marketing d'AdopteUnMec : "Pour 2012, on vise 15 millions d'euros de chiffre d'affaires"

| Brèves | par | 13 Avril 2012

Thomas Pawlowski, directeur marketing d'AdopteUnMec : "Pour 2012, on vise 15 millions d'euros de chiffre d'affaires"

Lancé en 2008, le site AdopteUnMec a révolutionné l’univers du Love 2.0 en donnant tout le pouvoir aux filles. Résultat, une ascension fulgurante qui tire à 1 million de CA mensuel. Un gros business bien huilé qui marche sur le buzz et le portefeuille de ces messieurs. Dans la salle de jeu bariolée de cette PME de 30 personnes, Thomas Pawlowski, directeur marketing du site, sort la calculette pour Street Press.



streetpress : TOUT d’abord, THOMAS : ES-tu CÉLIBATAIRE ?


Thomas Pawlowski : J’étais déjà maqué avant AdopteUnMec. Je suis quand même inscrit mais je chope pas. Adopte, c’est aussi là pour se faire des amis, c’est plus un site communautaire qu’un site de rencontre. Par contre dans notre équipe, 5 ou 6 se sont maqués grâce au site. Sur 30, c’est pas mal…


Bon Alors, 4 ans après le lancement, il ressemble à quoi le bilan ?


C’est très bon. On a 4,7 millions d’inscrits, dont 20% à Paris. En membres actifs mensuels (qui se sont connectés les 15 derniers jours, ndlr) on tourne à 500/600 000, avec 7200 nouveaux inscrits. L’âge moyen, c’est 30 ans. Notre grande fierté c’est qu’on à 50% filles, 50% garçons, tandis que les autres sites c’est plus 70% / 30%.  Mais ça, ils vous le diront pas…


FAIT surprenant, il n’y a aucune publicité sur le site. Avec quel business model vous faîtes tourner la machine ?


On est là pour déconner entre amis, pas pour voir de la pub intrusive. Donc on marche uniquement sur les adhésions payantes des garçons. On peut envoyer quelques charmes (sorte de clin d’œil pour séduire, ndlr) gratuits aux utilisatrices au début mais bon, ça marche pas. Après, faut payer 30 euros par mois pour avoir plus et on peut résilier chaque mois. Au bout de quelques mois, le tarif est dégressif etc… C’est un peu comme un opérateur téléphonique. Par contre, les premiers inscrits ont conservé la gratuité. On a été lancé grâce à eux : interdit de les décevoir!


ET Ils sont combien à payer l’addition chaque mois du coup ?


TP : Ben faut diviser le chiffre d’affaires par 30… Attends (il sort son smartphone et calcule). On fait environ 1 million par mois donc ça fait 30 000 inscrits environ.  En 2010, on faisait 2 millions de chiffre d’affaires, en 2011 : 7,5 millions. L’objectif 2012, c’est 15 millions.


En moyenne, les mecs restent longtemps sur Adopte?


TP : C’est difficile à déterminer, on a pas assez de recul pour savoir. Mais ils restent au moins deux mois. Y en a qui sont là depuis 4 ans !


Avant, vous marchiez essentiellement au bouche-à-oreille. Depuis août 2011, on voit des bannières web, spots TV, des affiches dans métro. Pourquoi faire de la pub massive ?


TP : Attention, on a fait pour moins d’un million de pub, soit vingt fois moins que les autres ! On est une entreprise, il faut challenger et croître. Le but ultime c’est l’international…


Vous avez lancé la version english « AdoptAGuy » aux États-Unis. Résultat ?


TP : On s’est planté. On est arrivé là-bas avec un budget ridicule de 20 000 euros de pub , on avait ni la méthode, ni les moyens, ni l’assise qu’on a en France. On assume, c’était raté, aujourd’hui on en rigole. Là, on tease en Espagne et en Italie sur le web avec des partenaires, on investit rien. Si ça prend pas, on y va pas.


Avec tous ces projets, vous n’avez pas peur de perdre la main et que la qualité du site en prenne un coup…


TP : On a une trentaine de personnes qui filtrent les profils louches, pour que les filles se sentent en sécurité. Elles peuvent signaler les boulets sur le site. On communique peu au final mais bien. On marche surtout au buzz. La campagne pub reste bien barrée : les spots TV sur la cote des mecs en bourse, la bannière web sur les roux, la déclaration d’amour à Nadine Morano pour qu’elle s’inscrive sur le site, la une de Direct Matin pour la journée de la femme. On reste bien perché, on se prostitue pas.


Vous avez parlé de boutiques AdopteUnMec à Paris et Bruxelles… c’est du buzz ou du concret ?


TP : On est dessus, j’en dis pas plus… vous verrez en septembre 2012, ce sera la surprise. Après, on a pas intérêt à l’annoncer s’il n’y a rien derrière qui se prononce…


 


Combien de couples se forment par an ?


TP : J’en ai aucune idée. 47% des gens se désinscrivent car ils sont désormais en couple. Je reçois en moyenne une trentaine de témoignages par jour de remerciements pour mariage, bébé etc… il y en a même qui nous veulent comme sponsor pour leur mariage !


Ça vous fait pas un trop gros trou dans la caisse les départs de couples ? Votre intérêt c’est plutôt qu’ils restent …


TP : Nous, on s’en fout que les gens partent parce qu’ils sont en couple. Tant mieux, c’est le but, donc on est content. Et puis plein de gens ne nous connaissaient pas encore il y a peu de temps, à commencer par nos stagiaires, ma mère et ma sœur. On a une image un peu branchée, fun, avec une bonne notoriété donc ça peut grimper de manière colossale.


La réputation de site plan cul au final, c’est arrangeant pour le business, non ?


TP : Si les gens veulent se choper juste un soir, grand bien leur fasse. Sur le site, il y en a pour tous. Ceux qui veulent du sérieux ou pas le précisent avec l’option CDD ou CDI/Bisounours.


Est-ce qu’Adopte se revendique comme un site féministe ?


TP : Oui mais pas dans le sens “on a des poils sous les bras et on brûle nos soutien-gorges”. Non, c’est la femme qui bosse, qui est carrièriste, qui fait la fête avec ses copines et qui peut se taper un mec d’un soir si elle a envie, sans être jugée. La femme moderne quoi.


Le féminisme, c’est avant tout l’égalité homme-femme. Là les mecs payent pour aborder les filles comme des princesses, c’est un peu le cliché “gentlemen”…


TP : Soit on prend adopte au sérieux et on peut crier au scandale. Mais dans ce cas-là, vous n’avez rien compris. Adopte, c’est de gens qui se prennent pas au sérieux mais au fur et à mesure font des rencontres, on se laisse avoir et ça devient sérieux. On prend à contre pied le cliché de la femme objet. Tout le concept est centré sur les filles et leurs attentes. Quand il y aura une égalité parfaite entre filles et garçons, on aura peut-être moins besoin d’AdopteUnMec, mais là, il y a encore du chemin à faire…


Le succès des sites de rencontre, ça traduit quand même une peur des jeunes à se prendre des rateaux en live, et QUI, du coup, se réfugient derrière un écran. C’est pas un peu dommage ?


TP : Non, au contraire. Avant, il y avait la correspondance par lettre papier, là c’est la même chose mais version 2.0. Si Alfred de Musset et George Sand s’écrivaient des lettres, aujourd’hui ils s’écriraient des mots sur Adopte. Ce qui est triste c’est d’être seul. 


 


LA GENÈSE : 


Manu Conejo lit un jour dans un livre de Jules Renard que “les filles ne doivent pas attendre le prince charmant mais doivent aller le chercher”. Puis à un réveillon, des amies se plaignent des sites de rencontres : pesant, ringard, un côté un peu désespéré. Un peu comme si ta mère te demande au repas de famille pourquoi t’es encore toute seule… Mais là comme à chaque nouvel an, elles attendent que le mec arrive et il arrive pas. Manu Conejo et Florent Steiner créent alors le concept d’AdopteUnMec : rendre le pouvoir de la drague aux filles, sans complexes.


 


ADOPTEUNMEC EN CHIFFRES


- 4,7millions d’inscrits


- 1 million d’euros par mois


- 114 000 fans spontanés sur facebook


- 30 000 garçons qui payent 30 euros chaque mois. 


- 50% filles / 50% garçons


- 30 remerciements quotidiens de couples mariés ou heureux parents


- Zéro pub !


 


 


 


 


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