Mon voisin le tueur



Engeance

Il est une catégorie d'êtres humains qui se singularisent dans la collectivité par un exceptionnel instinct de nuisance.

Mal aimé devenu sadique? Homosexuel refoulé? Narcissique blessé décidé à s'imposer aux autres? Enfant gâté et manipulateur devenu pervers mythomane? Vengeances secrètes contre l'image du père indépassable et lubies paranoïaques? Besoin compulsif de s'inventer une vie et de réécrire son passé?

Les voies qui mènent à la psychologie enfouie de ce genre de personnage sont multiples.

Certains facteurs décuplent le pouvoir de nuisance de ces énergumènes : la proximité permanente engendrée par le mode de vie en agglomération urbaine et le déplorable recours systématique à la procédure judiciaire, signe des temps. Car ces personnages ne se caractérisent ni par leur virilité ni par leur noblesse, ils s'abritent des autres ou bien les agressent toujours grâce à leur argent.

D'une certaine manière ils utilisent leurs avocats comme d'autres utilisent des pilules de Viagra.


Parasite

Un spécimen caricatural de ce type existe dans le 10ème arrondissement de Paris, non loin du canal Saint Martin. Appelons-le Frédéric, héritier, quinqua vieux beau ressemblant un peu à Polnareff jeune, teint en blond, cintré de cuir, roule en grosses voitures qu'il fait bâcher entièrement quand il ne parade pas avec. Velléitaire instable, Frédéric n'a jamais rien fait ou crée dans sa vie, c'est un fils à papa.

Issu de la grande bourgeoisie son père était un avocat d'affaires, une personnalité violente qui a élevé son rejeton à coups de ceinturon et l'a toujours traité comme un âne bon à rien, n'hésitant pas à le définir de "résidu de fausse couche"... l'humiliation est un terrain fertile pour tous les sadiques en puissance.

Rejeté par son père qui tenta de le déshériter, entretenu secrètement par une mère aimante qu'il trouvait encore le moyen d'insulter, Frédéric s'installe dans l'une des nombreuses propriétés de son père. A l'époque, il trimbale son ennui dans le quartier, se fait payer des coups à boire, se rêve comédien, artiste ou encore pilote d'avion...

Aujourd'hui ce cafard gagne 1 000 euros par jour sans rien faire grâce aux nombreux placements et affaires immobilières dont il a hérité, sans enfant il traîne avec lui une blonde de Russie comme un auxiliaire dans sa folie.


Démiurge

Il passe ses journées à sa fenêtre à filmer les allers et venus dans gens dans la cour, dans "sa" cour. En plus de la caméra qu'il transporte, il a équipé son balcon de plusieurs caméras de surveillance qui lui permettent de guetter les moindres mouvements depuis son écran.

Tel un prétentieux coquelet irascible dans sa basse-cour, il fait régner une terreur de chaque instant, insulte, vocifère, fulmine, apostrophe, menace à loisir les voisins malheureux qui ont le tort de vivre à ses côtés. Comme tous les lâches il préfère s'attaquer à plus petit que lui, c'est pourquoi il a déjà molesté la pauvre concierge et terrorisé ses enfants.

Pour les plus gros clients à sa psychose il réserve ses avocats et ses "amis" du parquet. Tout le monde le sait et le supporte, on ne compte plus les intimidations, visites de la police et procédures diffamatoires qu'il fait pleuvoir sur la tête de ses voisins indignés et à la fois résignés devant tant d'injustice.

Quand un voisin injustement arrêté du fait des mensonges de Frédéric décide de se défendre et de porter plainte à son tour, l'affaire est curieusement classée sans suite...  des dizaines d'heures de garde à vue et de pression, des centaines d'heures pour se défendre, des milliers d'euros de frais en avocat et toutes les nuits des médicaments pour dormir : voilà ce que réserve ce méchant serpent à ses voisins victimes.


Psycho

Loin du personnage traditionnel de l'Emmerdeur incarné an cinéma par Jacques Brel ou Pierre Richard, Frédéric le persécuteur oscille plutôt entre Patrick Bateman et Gargamel.

Cet homme peut vous pourrir et ruiner votre santé, votre argent, votre vie simplement pour combler ses angoisses narcissiques et faire son numéro de comédien devant un tribunal. C'est son luxe, sa jouissance, son raffinement ultime, l'expression la plus directe de son sadisme ordinaire, attaquer, poursuivre, diffamer, provoquer...

A la fin pourquoi ? Pour exister, être reconnu, être aimé... arrêtons nous par ici on risquerait de le rendre sympathique.

A l'heure actuelle, cet exaspérant psychotique est impliqué dans plusieurs dizaines de procès en cours.

Comme on dit, ce genre de malédiction arrive toujours près de chez vous, mais un jour qui sait ?  Mon voisin le tueur pourrait être le vôtre.

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