Comme Malika, faut-il être surdoué pour s’en sortir en banlieue ?
Pas forcément. C’était une idée littéraire super intéressante à développer, un angle de romancier. Je ne crois pas être surdoué. Ma sœur, elle, l’est peut-être ! Mais ce n’est surtout pas ce qu’on essaie de transmettre. Quand on fait des interventions scolaires, on a autour de nous des exemples de réussite partout ! Il ne sont peut-être pas spectaculaires, mais ils sont là. Le petit Malik par exemple, était loin d’être surdoué, mais il se posait les bonnes questions dans le livre.
Est-ce qu’on peut dire que vous êtes la voix des banlieues ?
Non, car il n’y a pas qu’une seule voix en banlieue. Nous sommes pluriels, avec des multitudes de parcours. C’est très dur de lutter contre cette idée reçue qu’on est forcément voué à une forme de réussite minorée, voire vouée à l’échec ici. On a tellement construit d’images négatives que les jeunes finissent par se persuader qu’ils n’y arriveront pas. Cela crée des barrières réelles, dans les têtes. Nous justement, on essaie de mettre un coup de pied dans la fourmilière avec des livres.

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