L’appel au boycott lancé par le Front d’action islamique (FAI) a-t-il été suivi ?
Samir Barhoum: Le boycott n’a que légèrement affecté les intentions de vote. 53% des Jordaniens ayant le droit de vote se sont rendus aux urnes soit plus de 1,25 millions de citoyens. Lors des précédentes élections, la participation variait entre 45 et 58%. Donc ce n’est pas mauvais: le taux de participation est équivalent à celui de démocraties avancées. Huit membres du FAI ont même outrepassé la décision de boycott de leur groupe car ils n’étaient pas convaincus de son bien-fondé. L’un d’entre eux vient d’ailleurs d’être élu à la Chambre des députés. Nous respectons leur décision mais espérions qu’ils participeraient aux élections. Nous pensons qu’il est bénéfique d’avoir une opposition forte au parlement.
Le FAI parle d’une participation réelle de 30%. Quel crédit apporter à ce chiffre ?
Le chef du FAI a dit qu’il soupçonnait que ces chiffres soient faux. Cependant, nous avions plus de 3.500 observateurs – nationaux et internationaux – mardi lors des élections. Ils étaient présents dans tout le pays, surveillant le processus du début à la fin. Après avoir parlé avec un certain nombre d’entre eux, ils ont confirmé que le processus s’était déroulé en toute transparence. Les journalistes étaient autorisés à pénétrer dans les bureaux de votes sans problème et il n’y a eu que des incidents mineurs. Les chiffres du gouvernement sont les seuls que nous avons et nous devons leur faire confiance.

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