Des informations erronées reprises par des sites d’information
Problème: la reprise du Miami Herald Tribune sur Haitian-Truth était un faux. Le journal américain dément les informations publiées dans un article du 19 novembre et accuse le site haïtien d’avoir falsifié la photo et la légende de l’article original. Dans le faux, on pouvait lire: « Le camion de la Sanco – appartenant à Elisabeth Préval et Jude Celestin – déverse les excréments des soldats népalais de la Minustah dans la rivière Artibonite, foyer de l’épidémie de choléra. »
Le 19 novembre, c’était autour du Nouvelliste de s’excuser dans l’article Aucun lien entre Elisabeth Préval et la Sanco S.A pour les informations diffusées deux jours plus tôt . La journaliste Nancy Roc expliquait « après vérification » avoir utilisé « les allégations du journal mexicain qui n’étaient étayées d’aucune preuve et ne citaient aucune source. »
Aucun mea culpa par contre sur les sites controversés Ultima Palabra – dont l’auteur de l’article en question est anonyme – et Haïtian Thruth – qui dénigre en permanence Réné Préval et son dauphin Jude Célestin dans ses articles .
La Sanco et Mme Préval obligés de s’expliquer dans la presse
Malgré les démentis rapides, la rumeur a quand même eu le temps de trouver écho auprès de la population haïtienne au point qu’un des responsables de la Sanco a dû s’expliquer sur Radio Caraïbe, la principale station du pays. La femme du président Préval est aussi montée au créneau dans le Nouvelliste « niant toute connaissance des propriétaires et responsables de la Sanco ». Marguerite Léonie Jean-Louis, la vice-présidente Sanco, affirmait quant à elle « n’avoir rien à voir avec madame Préval » dans un communiqué.
Des rumeurs qui servent des intérêts
« Haïti est un pays de rumeur et se construit avec les rumeurs », nous confie la coordinatrice à Haïti d’un programme d’une ONG française. Elle critique l’attitude de la presse locale et ne souhaite pas que son nom soit cité, de crainte de se mettre les médias haïtiens à dos: « Le lundi, ils vont dire quelque chose et le vendredi tout le contraire ! ».
Aujourd’hui la rumeur de l’implication des soldats népalais de la Minustah ne fait pas de doutes pour une grande majorité de la population. « On ne croit pas à la thèse d’une rumeur ! C’est un fait ! » insiste au téléphone Clairsidor Martinez, le journaliste de Radio Solidaire. Il ajoute que même « le ministre de la Santé a parlé de maladies importées ». Son ami le journaliste Michel Legrand analyse: « L’enjeu c’est la tenue des élections. La crise du choléra vient mettre en difficulté ce gouvernement qui veut assurer à tout prix une transition avec Celestin.(…) Les leaders politiques d’opposition, en demandant une action en justice contre les responsables, espèrent un report du scrutin »
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