Michel Martelly et Mirlande Manigat ont changé brusquement d’avis: après avoir dénoncé ce 1er tour, ils l’approuvent aujourd’hui. Que peut-on dire de leur attitude ?
Leurs postures sont à mon sens mal inspirées, car ils ont demandé une annulation de vote qui peut leur être très défavorable. En réalité, ils ont pris conscience dans la soirée même, que d’une part, il était peu probable qu’on ait les moyens d’organiser de nouvelles élections, et que d’autre part, ce n’était véritablement pas la priorité. 1.500.000 personnes déplacées vivent encore dans des abris de fortune à Port-au-Prince! Les candidats ont compris que, finalement, il valait mieux accepter des élections imparfaites, plutôt que pas d’élections du tout. Finalement, ce n’est pas une mauvaise chose d’avoir un processus électoral capable d’aller jusqu’à son terme.
La population est-elle désabusée par ce cafouillage ?
Non. Les gens se sentent très concernés par les élections. Dans les rues, les administrations, universités, il y a beaucoup d’échanges sur la politique. Ils misent beaucoup sur elles et attendent du nouveau président qu’il change significativement la situation. Les difficultés matérielles sont telles que des élections sans ambages auraient été une véritable surprise. Maintenant tout est une question de mesure: s’il y a eu fraude massive, on le saura très vite, les résultats parleront d’eux-mêmes. Est-ce qu’il y a eu seulement des dysfonctionnements ici et là ? Vu la situation, c’est presque inévitable. Il faut attendre les premiers résultats, et si ces élections sont indignes, je pense qu’on le saura.
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