Dans vos reportages vous racontez la vie qu’impose Israël aux habitants des territoires. Vous ne vous sentez-pas un peu coupable d’être israélien ?
Je ne me sens pas coupable d’être israélien. Mais je me sens coupable et honteux de ce qui est fait en mon nom, par l’armée et le gouvernement israélien. Je me sens responsable de chacune des balles et des obus qui sont lancés à Gaza, en Cisjordanie et au Liban. Chaque israélien a une part de responsabilité.
Ce n’est pas un peu frustrant d’être sur place et de ne rien pouvoir faire ?
C’est très frustrant en effet. Mais, la seule chose que je sais faire dans la vie, c’est écrire. Donc, c’est ma seule arme. C’est la seule manière que j’ai pour essayer de lutter.
Certains supporters d’Israël vous accusent de pourrir l’image de votre propre pays …
J’écris pour les israéliens, pas pour les autres ! Je sais que je suis lu partout dans le monde parce que le journal Haaretz [grand quotidien israélien de gauche pour lequel Gideon travaille] est traduit en anglais. Mais, mes principaux lecteurs sont israéliens. C’est pour eux que j’écris. J’essaie de ne pas les insulter. J’essaie de les faire penser, de les faire comprendre. Je fais ce que je peux.

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