Huit heures sur le Champ de Mars de Port-au-Prince. Fusils mitrailleurs en bandoulières les toutes fraîches recrues des forces spéciales haïtiennes sautent de l’arrière des pick-up rutilants offerts tout récemment par les Américains. Pas de périmètre de sécurité drastique, seulement quelques barrières rouges pour bloquer les rues adjacentes à l’ambassade de France. Les habitants du Champ de Mars, comme d’habitude, vaquent à leurs occupations. Dubitative, une femme qui se fait livrer un bloc de glace pour son commerce de boissons lance à son livreur : « C’est quoi toute cette police ? ». « C’est le Président Sarkozy qui vient », répond l’homme.
Eh oui, ce mercredi 17 février Sarkozy est de passage dans la capitale haïtienne. Court séjour : quatre heures en tout et pour tout, décrochées au milieu d’un voyage présidentiel entre la Martinique et la Guyane. Alors la cadence est soutenue. Arrivée à 7h sur le tarmac de l’aéroport de Port-au-Prince. Survol de la ville en hélicoptère. Puis direction l’Ambassade de France.
Dans le camp face à l’Ambassade, un habitant lave la bâche de sa tente. « Je fais le propre pour la venue du Président français », nous explique-t-il. Comme un air d’improvisation et de dernière minute. Les hommes du Raid, gilets de défense noirs et oreillettes vissées, font un tour express entre les tentes. A main levée, les cadors de la sécurité élyséenne tentent d’anticiper le parcours présidentiel.

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