Salut Hervé, pas trop débordé depuis que t’as eu l’Oscar ? On doit te demander beaucoup d’autographes.
Non pas d’autographes. Par contre assez débordé pour trouver le temps de répondre à toutes les interviews.
Un oscar du court-métrage, c’est un mini Oscar en fait? T’es sûr que c’est pas du toc?
Non, tout pareil que les autres! Plaqué or, très lourd.
Maintenant que j’ai vu Logorama, j’ai peur de Ronald MacDonald. Ça doit être encore pire pour toi qui l’a réalisé ?
Ronald a toujours fait peur. Et surtout aux enfants. J’ai une amie qui petite ne voulait pas entrer au McDo à cause de la statuette en résine assise sur le banc, qui regardait les enfants d’un œil luisant.
Mais tu n’as pas fait des cauchemars avec plein de logos quand tu réalisais le film ?
Bien sûr, on est devenus un peu obsédés. On prenait en photo les camions de livraison dans la rue quand il y avait dessus un logo qu’on aurait pu utiliser.
Je te demande ça car Logorama on dirait le cauchemar d’un publicitaire fou, quelque part entre le clip The Child d’Alex Gopher auquel tu as participé, et Qui veut la peau de Roger Rabbit. Le but du film, c’était de faire une catharsis du monde publicitaire ?
C’était particulièrement cathartique pour nous, qui sommes habitués à réaliser des films pour des marques et donc habitués à la contrainte du discours de la marque. Il y a une jouissance à se réapproprier des icônes de marques existantes et d’en pervertir la signification. Sinon j’étais assistant d’Antoine Bardou-Jacquet sur The Child. C’est sûr qu’il y a des similitudes entre le principe de ce clip et Logorama. Comme le fait d’utiliser des signes pour construire un univers complet et raconter une histoire qui a une portée au-delà de l’usage classique de ces signes.

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