D’où vient ton amour pour le jazz ?
C’est familial ! Mais je ne dirais pas que le jazz, c’est réducteur. Je dirais mon amour pour la belle musique. Mon père est musicien et avec mon frère Lionel, on a donc toujours entendu de la musique. J’ai ainsi commencé le solfège dès l’âge de 4 ans.
Quels instruments jouait ton père ?
Mon père jouait du bandonéon (petit accordéon pour le tango). Clarinettiste à la base, mais aussi flûtiste et saxophoniste.
Parlons de toi : la batterie, l’accordéon classique, puis la trompette et le bugle. Finalement quel est ton instrument favori ?
Je pense que je n’ai pas d’instrument favori ! La trompette, c’est elle qui m’a choisi. Je préfère dire ça, car j’aurais très bien pu jouer d’un autre instrument. J’ai commencé par la percussion et l’accordéon. Et aujourd’hui, le moyen d’expression où je me sens le mieux, c’est la trompette et le bugle.
Te souviens-tu la dernière fois que tu as joué de l’accordéon classique ?
Oui, c’était dans un concours au conservatoire d’Aix-en-Provence. A cette époque, on faisait danser les gens de la région avec mon frangin et mon papa. Et l’école du bal, c’est très important pour un musicien je trouve !
Quelle a été la rencontre musicale la plus déterminante pour ta carrière ?
Toutes les rencontres sont importantes pour moi. Même celle d’aujourd’hui ! Mais la première rencontre qui m’a vraiment marquée, c’est Chet Baker. J’avais 21 ans et contrairement à tout ce qu’on pouvait croire sur lui (junkie, etc.), j’ai énormément appris musicalement et humainement avec cet homme là.
Si tu devais emmener un disque de jazz sur une île déserte ce serait lequel ?
Le mien ! Mais mon prochain disque : celui où l’on ne sait pas encore du tout ce qu’il va être ! (rire) En fait, je ne pense pas que j’emmènerais un disque, je dirais plutôt une canne à pêche. Car j’aime beaucoup pêcher et j’adore le poisson. Et puis, si je ne devais emmener qu’un disque, ce serait très difficile.
Paris est-elle une bonne ville pour trouver de l’inspiration jazzy ?
Oui, mais de l’inspiration tout court ! Je puisse mon inspiration dans la musique et dans l’art en général. J’aime beaucoup le cinéma, les sculptures dans les musées, lire même si je n’ai pas le temps… Et puis, j’ai la chance de beaucoup voyager. Mais un arbre peut m’inspirer autant qu’une fleur ! Je m’inspire de belles choses, car puiser dans la musique c’est chouette, mais ça reste un peu fermé.
Que signifie le nom du nouvel album « The same as it never was before » ?
Ce nom regroupe toutes les influences que j’ai eu jusqu’en 2010 (où le disque a été enregistré). C’est une vision du futur et du passé. Pour le traduire, ça pourrait être : c’est ce que je suis jusqu’à aujourd’hui. Mais je préfère que l’on interprète le titre en anglais !
Comment constitue-t-on un bon orchestre de jazz, comme sur ce nouvel album ?
Cet orchestre s’est fait naturellement. Je vais commencer par Kirk Lightsey qui est un musicien et un être humain hors pair pour moi. On joue ensemble depuis 22 ans, et c’est le pianiste dans l’album. Dur de le présenter car il fait parti de l’histoire du jazz et même de la musique depuis les années 70. Il y a aussi le batteur Billy Hart avec qui j’ai beaucoup d’expériences différentes, et au milieu il y a le petit jeune Sylvain Romano qui travaille avec moi depuis 8 ans. C’est un bassiste très doué, et on va entendre parler de lui pendant longtemps. Ce sont tous des êtres humains que j’aime beaucoup, avant toute chose.
Car j’ai eu la chance aussi de jouer avec de très grands musiciens, mais qui sont insupportables ! J’aime bien apprécier du vin et de la bonne bouffe, avec les gens avec qui je joue. S’il n’y a pas ça, je ne peux pas ! Et je sais qu’il y a beaucoup de jeunes musiciens qui partent de l’autre côté de l’Atlantique pour enregistrer des disques, parce que ça fait vendre plus de disques et que ce sont des gens connus, etc. Moi, j’ai déjà enregistré avec des musiciens américains, mais ce sont que des gens avec qui j’ai avant tout une amitié assez forte.

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