Les écoles de journalisme servent-elles à quelque chose ?

Les écoles de journalisme servent-elles à quelque chose ?

Journalism is so sexy et... so bankable

Spécial Ecoles de journalisme | Témoignage | par | 19 Juin 2011

Les écoles de journalisme servent-elles à quelque chose ?

Le dossier de StreetPress sur les écoles de journalisme, parce qu'il y a un boum des écoles mais que le secteur en est devenu d'autant plus opaque. A la mesure de l'argent brassé par ce business de formation. Et l'enjeu démocratiqu

Faut-il être une bête de concours pour faire un bon journaliste ? Sans doute pas ou sinon ça se saurait. Mais pour intégrer les meilleures écoles de journalisme, où les examens d’entrée imposent un ultra-bachotage en bonne et due forme, t’as intérêt à être une bête de concours, coco. Qu’est-ce que tu fais ici… Retourne réviser !

Journalism is so sexy Chaque année, le nombre d’étudiants qui se présentent aux concours d’entrée aux écoles de journalisme augmente. De quoi nous faire plaisir à StreetPress, nous qui sommes des amoureux du journalisme de reportage, de la plume, du pixel et de l’image. Le journalisme « porte en lui la liberté sociale qu’on est en train de perdre, dans une société de plus en plus cloisonnée », juge Christophe Deloire, le directeur du Centre de Formation des Journalistes.

Jounalism is so bankable Pour répondre à la demande, le nombre de formations au journalisme a grimpé pour approcher la centaine. Le nombre d’étudiants qui sortent de ces écoles avec un diplôme de journaliste est bien supérieur à ce que le marché est prêt à absorber. Conséquence : certaines écoles, au niveau hasardeux voire léger, s’en mettent plein les fouilles. Tant pis pour des familles qui se sont saignées 5.000, 6.000 ou 7.000 euros l’année, pour qu’à défaut de devenir PPDA leur fiston enchaîne les stages sur les sites d’actu people, avant de se résigner à changer de métier.

Les écoles de journalisme, un secteur opaque S’il y a un évident bug de sélection (sociale) à l’entrée des meilleures écoles, il y a surtout un problème de transparence dans tout le secteur des formations au journalisme. Chaque année, les hebdos vous proposent le classement des écoles d’ingénieur ou de commerce, triant le bon grain de l’ivraie, permettant à celui dont les parents ne se sont pas rencontrés à HEC de comprendre quelles sont les bonnes formations, comment s’y préparer, etc. En ce qui concerne le journalisme, vous pouvez toujours aller chercher. Ouf, StreetPress l’a fait. Le classement des écoles de journalisme – exercice forcément risqué – sera en ligne cette semaine sur votre site préféré.

Les écoles de journalisme servent-elles à quelque chose ? C’est la question qu’on se pose à StreetPress, où les journalistes qui animent la rédaction se sont formés directement sur le terrain auprès de leurs pairs. C’est la question qu’on a posée au directeur du CFJ – journaliste émérite diplômé d’une école de… commerce – et qui nous a répondu : « Je ne me souviens pas m’être dit une fois, tiens je pourrais faire une école de journalisme ».

« Nous n’avons pas le droit de former des journalistes frustrés ou amers », écrivait Claude Sales, ancien patron de Télérama, dans un rapport sur les écoles de journalisme rendu en 1998 à la ministre de la Culture et de la Communication de l’époque. La question se pose de la pédagogie en écoles de journalisme et de la frustration qui en découle, pour ces étudiants qui entrent avec la flamme, avec un quelque chose chevillé au corps et qui pendant 2 à 3 ans écriront des articles… qui ne seront lus que par le prof. Les écoles les plus cotées interdisent à leurs étudiants, pour des raisons obscures, de vendre des piges pendant leur scolarité.

Le canard du futur Au-delà de la question des écoles, il y a la vraie question, l’essentielle, celle de l’enjeu démocratique. Qui écrira dans la presse de demain, avec quelles méthodes, quels niveaux d’exigence, quels sérieux mais aussi quelles prises de risques ? Pour vous faire une idée là-dessus, on vous laisse découvrir, de lundi à mercredi, notre dossier.

Certaines écoles, au niveau hasardeux voire léger, s’en mettent plein les fouilles.


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