Un espoir pour des milliers d’homosexuels : ce matin, Christiane Taubira, la garde des Sceaux, a promis l’ouverture prochaine du mariage et de l’adoption aux couples du même sexe. Que les homos se réjouissent, ils pourront donc, d’ici à quelques mois, organiser leurs noces, se tordre la tête sur un plan de table et recevoir des caisses de riz sur le crâne. Puis, une fois mariés, ils pourront adopter. Christiane Taubira précise :
« Nous ouvrirons l’adoption aux couples homosexuels et ce, dans un cadre identique à celui actuellement en vigueur. Ils pourront, comme les autres, adopter de façon individuelle ou conjointe. »
Déception énorme Jusqu’ici, tout va bien. L’égalité homos/hétéros semble acquise. Oui, mais… en fait non. Les associations d’aide à l’adoption et les organismes autorisés pour l’adoption (les OAA) sont unanimes : « c’est bien beau de faire rêver ces couples, mais, en réalité, rien ne va changer. » Hélène Marquié-Dubié, présidente de Cœur adoption, une association qui aide les futurs adoptants à s’informer, soupire : « pour ces couples, la déception va être énorme. Nous, on a toujours été pour que tous les couples, sans discrimination, puissent adopter. Mais la réalité, c’est qu’il est aujourd’hui tellement difficile d’adopter que les dossiers des couples homosexuels vont se retrouver systématiquement en-dessous de la pile. »
Et elle est immense, cette pile : environ 27.000 personnes ont un agrément pour adopter un enfant (délivré par le Conseil général et valable 5 ans) et « seulement » 4.000 enfants sont adoptés chaque année. Sachant, pour être complet, que sur ces 27.000 personnes, un tiers aurait abandonné. Il n’empêche : le ratio futur adoptant/futur adopté est très faible. Sous couvert d’anonymat, un responsable d’un organisme favorisant l’adoption s’énerve :
« À quoi ça sert de faire un nouvel appel d’air en proposant aux couples homosexuels d’adopter alors qu’il y a déjà si peu d’élus ? »
Pourquoi, même après la loi Taubira, les homos auront des difficultés à adopter
« C'est bien beau de faire rêver ces couples, mais, en réalité, rien ne va changer »
Contre-enquête La loi sur l’adoption par les couples homos est dans les starting blocks. Mais, dans les faits, les pays étrangers ne veulent pas confier leurs enfants à des homos et en France, les mentalités évoluent très lentement. Est-ce une loi pour rien ?
Daddy and daddy
À quoi ça sert de faire un nouvel appel d’air en proposant aux couples homosexuels d’adopter alors qu’il y a déjà si peu d’élus ?
La loi des pays étrangers plus forte Mais si les dossiers des couples homosexuels risquent de se transformer en objets de déco, ce n’est pas – uniquement – parce que le nombre de dossiers traités est déjà particulièrement élevé. Deuxième écueil : aucun pays étranger ne souhaite confier des enfants à un couple homosexuel. Jacques Chomilier, vice-président du MASF, est formel : « je suis persuadé que, dans les 5 ans à venir, aucun enfant étranger ne sera adopté par un couple homosexuel. » Il va même plus loin :
« Cette loi, on s’en fout, elle ne va rien changer. La seule chose que cette loi peut amener, c’est que les pays étrangers deviennent méfiants, qu’ils pensent que derrière chaque dossier de célibataire, il y a un couple homosexuel. Déjà que très peu de pays permettent l’adoption aux célibataires, alors là… Même pour les homosexuels, c’est une loi désavantageuse : au moins, aujourd’hui, ils se cachent derrière leur célibat, même l’APGL leur conseille de taire leur orientation sexuelle. Mais une fois qu’ils seront mariés, quel pays va leur permettre d’adopter ? C’est simple : aucun. »
Et pour cause : en matière d’adoption internationale, la France est dépendante des lois en vigueur dans les pays étrangers. Et ce ne sont pas les OAA qui diront l’inverse. Ces organismes (privés) autorisés pour l’adoption jouent un rôle d’intermédiaire entre les familles et les enfants adoptés. Que ce soit La famille adoptive française, Vivre en famille ou Enfance Avenir, la réponse est toujours la même : « les pays avec lesquels nous travaillons nous demandent des dossiers de couples hétérosexuels. »
Au Kazakhstan, par exemple, la loi précise que l’adoption est réservée aux couples « standard » ; en Bulgarie, seuls les hommes célibataires prouvant qu’ils ont déjà habité avec une femme (!) peuvent adopter ; le Vietnam, très prisé il y a quelques années, a depuis « fermé ses frontières » et « seuls 6 enfants – malades – sont arrivés en France depuis janvier dernier. » Le constat de Jacques Chomilier est sans appel : « l’adoption internationale est en train de mourir. Cette année, moins de 1.500 enfants étrangers vont être adoptés en France. » C’est plus de deux fois moins qu’il y a 5 ans.

A la Gay Pride 2008, à Paris
Même pour les homosexuels, c’est une loi désavantageuse : au moins, aujourd’hui, ils se cachent derrière leur célibat
Les mentalités loin d’être prêtes Et en France, qu’en est-il ? Les enfants « juridiquement adoptables » en France pourront-ils être adoptés par des couples d’homos ? Dans les faits, oui. Mais en réalité… c’est moins sûr. Nicole Emam, la présidente de La famille adoptive française, raconte :
« Les mères qui sont en grande difficulté et qui viennent nous demander de trouver une famille pour leur enfant demandent systématiquement une famille constituée d’un père et d’une mère. Pour l’instant, je n’ai jamais vu quelqu’un arriver et me dire que ça lui est égal si c’est un couple de femmes ou d’hommes qui élève son enfant. Nous, ensuite, on se doit de répondre aux demandes de la mère, c’est important qu’elle puisse nous faire confiance. »
De quoi agacer Hélène Marquié-Dubié : « les OAA sont des structures privées qui font ce qu’elles veulent. Ces organismes ne peuvent pas officiellement discriminer les couples homosexuels, mais dans les faits, ils diront toujours qu’ils ont trop de dossiers. »
Et les conseils généraux ? Autre cas de figure : un enfant orphelin, devenu pupille de l’Etat. Le préfet en a la charge, qu’il délègue à l’aide sociale à l’enfance. Pour que l’enfant soit adopté, son dossier passe dans ce qu’on appelle un conseil de famille. Seul ce conseil peut déterminer dans quelle famille le jeune orphelin atterrira. Très explicite, Jacques Chomilier, vice-président du MASF, enchaîne :
« Si ce conseil a 5 dossiers sous la main, 4 dossiers d’hétéros, 1 dossier d’homo, c’est quasiment certain qu’ils prendront le dossier hétéro. »
Sous couvert d’anonymat, le responsable d’un organisme national est encore plus tranchant : « il n’y a aucune transparence sur le choix des familles et comme il y a encore de gros débats sur le fait de savoir si c’est bon ou pas pour l’enfant de grandir dans une famille homo, leurs dossiers ne seront pas tout de suite acceptés. » Même son de cloche chez Hélène Marquié-Dubié, présidente de Cœur adoption : « le problème, c’est que les travailleurs sociaux (un passage obligé pour obtenir un agrément, ndlr) doivent répondre, en voyant un éventuel futur adoptant, s’il peut être un bon parent. Mais qui sait ce qu’est être un bon parent ? Personne ! » Le responsable de l’organisme national poursuit : je vais vous dire, si un jour, à dossier équivalent, les conseils généraux préfèrent donner un agrément à un couple homo, je vous offre le champagne ! » Pari tenu, mais plutôt à Paris ou dans les Pyrénées-Orientales où, d’après, Hélène Marquié-Dubié, « les départements sont plus ouverts sur ces questions-là. »
Une loi pour rien ? Alors, que faire pour réellement ouvrir l’adoption aux couples homosexuels, si ce n’est faire évoluer les mentalités ou révolutionner le monde entier ? Hélène Marquié-Dubié, présidente de Cœur adoption, pense « qu’il faudrait déjà améliorer les procédures d’adoption en France. Une discussion générale avec les pouvoirs publics, les organismes et les parents, qui sont souvent écartés de ce genre de décision alors qu’ils sont en première ligne. » Mais cette loi-là, va-t-elle exister uniquement pour combler une promesse électorale, sans aucun écho derrière ? Apparemment, si ce n’est – et c’est déjà beaucoup – la possibilité pour une personne d’adopter l’enfant de son conjoint. Nicole Emam, de La famille adoptive française, conclue : « ça, c’est très important, c’est une vraie sécurité juridique pour l’enfant. » Ouf, parce qu’on commençait à être bien démoralisé, là.
Si ce conseil a 5 dossiers sous la main, 4 dossiers d’hétéros, 1 dossier d’homo, c’est quasiment certain qu’ils prendront le dossier hétéro
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Commentaires
Entièrement d'accord avec le fond de l'article : tous ces orientaux et autres sub-sahariens sont aussi dégénérés que la plèbe miséreuse et inculte qui infeste nos quartiers populaires en refusant à l'humanité développée et progressiste le droit de leur prendre leurs gosses pour les civiliser.
Alerter« Les mères qui sont en grande difficulté et qui viennent nous demander de trouver une famille pour leur enfant demandent systématiquement une famille constituée d’un père et d’une mère."
AlerterAh bon ? Dans leur grande détresse, je me réjouis qu'il leur reste quand même cette pointe de bon sens qui fait cruellement défaut à tous nos chantres de la bien-pensance et du progressisme...
Lire cet article me rassérène... Une légère pointe de soulagement, en fait, quand je pense à tous ces pays et ces personnes sensés qui n'ont en vue que le bien-être de l'enfant, et refusent de céder au diktat d'une minorité hystérique qui exige son droit à l'enfant comme un gamin capricieux sa glace à la vanille...
Merci pour les 2 dernieres lignes de l'article: bien sûr que cette loi est TRES IMPORTANTE pour les couples dont 1 seul est le parent "légal" de l'enfant déjà existant. Car en France, lorqu'on decide de fonder une famille, la compagne de la mère biologique ne peut pas reconnaitre l'enfant à sa naissance. Donc pas de filiation établie entre l'enfant et celle-ci. Ce qui signifie aucuns lien légal entre le parent et son enfant. Comment protéger son enfant si l'on a aucun lien légal envers lui?
AlerterCette loi sur l'adoption est donc capitale pour de nombreux enfants en France.
Il me semble que dans son énumération des recours à l'adoption, l'article en oublie un des plus important.
AlerterL'un des arguments avancé pour obtenir cette loi est l'estimation situant le nombre d'enfants résidant avec un couple de même sexe dans une fourchette de 24 000 à 40 000 (Ined 2012). Ce sont ces familles qui ont besoin, absolument besoin d'un cadre juridique solide pour l'intérêt de l'enfant.
Il y a bien d'autres moyens de former une famille monoparentale que l'adoption par agence. Mais une telle ouverture inscrit l'égalité dans la loi française face a ces agences, c'est la le plus important. Personne ne s'attend à un changement en profondeur de la procédure d'adoption dans les faits, du moins pas dans l'immédiat.
Quand Nicole Emam nous dit "Pour l’instant, je n’ai jamais vu quelqu’un arriver et me dire que ça lui est égal si c’est un couple de femmes ou d’hommes qui élève son enfant" c'est peut être aussi car personne ne leur a encore soufflé l'idée...
Je connais personnellement nombre de filles qui pourraient opter pour cette option si ce n'est pas demander un couple homo. (Evidement ce ne sont que des projections autour d'un verre mais tout de même...)
La france avance, rien ne coince, belle revanche sur des années de dénigrement des couples homos.
"Ouf, parce qu’on commençait à être bien démoralisé, là."
AlerterC'est qui "on"? Pas moi en tout cas, au contraire. Cet article fait plutôt figure de petite dose de réconfort, oui!
Y'a une chance sur deux que les ouverts d'esprit en question aient été élevés dans une famille monoparentale en plus :)
AlerterVous êtes des gros bâtards ouverts d'esprit en fait les deux là ?
Alerterqu'ils se marient entre eux, face du pingpong entre eux, pas de soucis c'est des adultes mais adopter un enfant ...on a beau être ouvert d'esprit , ça coince !
AlerterTant mieux, belle revanche:!!!!!!!
Alerter