Cafés et cigarettes fument dans la petite cour frigorifiée du café du 104. Les immenses bâtiments des anciennes pompes funèbres de la Ville de Paris sont, comme la plupart du temps, désespérément froids et vides. Une petite fille joue seule dans la « Maison des Petits », conçue par la designer française Matali Crasset. Dans un coin, trois adolescentes répètent une scène de théâtre, squattant un espace qu’elles se sont approprié — et de l’espace, il y en a.
Le 104 occupé depuis le 1er Avril
Il est midi, c’est l’heure à laquelle, depuis le 1er avril, se réunissent presque chaque jour les membres du collectif « Le 104 occupé » — artistes, metteurs en scène, critiques, riverains, etc. — autour de Jean-Marc Adolphe, directeur de publication de la revue Mouvement. Au départ, une vingtaine de personnes sont là, d’autres viendront s’agréger au groupe lors d’une « AG » de plus de deux heures, qui se déroule dans les règles — modérateur, respect du tour de parole, propositions de vote… L’ambiance est conviviale, tout le monde se tutoie (comme dans les partis politiques), parfois le ton monte. La voie à trouver ici n’est pas aisée.

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