Le CentQuatre en plein changement de direction
Le CentQuatre traverse une période trouble. Victime de son incompatibilité originelle, il est tiraillé entre sa logique commerciale et son ambition d’être un espace de recherche et d’innovation artistique. Face à des difficultés financières considérables – le déficit budgétaire s’élèverait à 780 000 euros – la prochaine direction de l’établissement culturel se voudra de nature administrative et non pas artistique.
Après un peu plus d’un an d’existence le bilan du projet quelque peu utopiste du Cent Quatre apparaît décevant. L’échec est d’ailleurs symbolisé par le départ prochain de ses deux directeurs Robert Cantarella et Frédéric Fisbach. Dans le dernier édito, Cantarella explique qu’un « malentendu résidait entre l’ambition et l’attente d’un tel monument ».
Les habitants du XIXème veulent des activités qui leurs parlent plus
Dans ce contexte de redéfinition du CentQuatre, les habitants du XIXe arrondissement attendent beaucoup de l’établissement en termes d’offre culturelle. « Du hip-hop pour nous les jeunes» ou encore des représentations d’humoristes sont des activités très plébiscitées par le public. Martin demande « des concerts » et « des projections de films, des rétrospectives ». De manière générale, l’idée qui revient le plus est celle de « plus d’activités artistiques dans le hall avec le public ».
En somme, l’enquête réalisée auprès des habitants du quartier et des habitués du CentQuatre ne fait que confirmer le sentiment de déception, voire parfois de gaspillage d’un lieu immense, pourtant porteur de beaucoup d’espoir pour l’évolution de la vie du quartier. Pour beaucoup il reste malheureusement un « ghetto de bobos » loin du projet initial de lieu d’interaction culturelle pour tous.

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