x

Oubliez les SPAMs, la newsletter StreetPress est 100% utile

Continuer ma lecture sur StreetPress

L'Agence, la web-série qui se fout de la com'

Après avoir orchestré la campagne de Mélenchon, ils essaient de décrocher le contrat Nutella

Séguéla Junior | Vox pop | par | 20 Février 2013

L'Agence, la web-série qui se fout de la com'

Comment trouver de nouveaux clients pour une agence de com' qui démarre ? C'est le pitch de la websérie développée par Mediascop. Si vous n'aimez pas les communicants, vous allez adorer.

C’est une petite campagne vidéo virale sympathique, avec le soutien de Youtube, qu’a lancé fin janvier la jeune agence de com’ Mediascop. Emmenée par Arnauld Champremier-Trigano, l’agence a produit « L’Agence », une websérie qui se moque du quotidien d’une petite agence de com’ qui démarre, où on ne fout pas grand chose, puisqu’on attend que les premiers clients appellent.

Si petite, l’agence ? Mediascop s’était créée pour faire la campagne web du candidat Mélenchon en 2012 et Champremier-Trigano était le directeur de communication de la campagne. Mais dans la fiction, il s’agit de se relancer, car la campagne présidentielle est finie, même si les seuls coups de fil que reçoit l’agence sont de mystérieux interlocuteurs qui souhaitent parler « au candidat ».

Post-it Cetelem Les 6 épisodes de la série sont tournés dans les locaux de l’agence, rue du Faubourg du Temple (Paris 10e). Et ce sont les salariés-associés (ils sont engagés, ils ont créé une scop) qui tournent dans la vidéo… Sauf que deux comédiens professionnels se sont glissés dans le scénario : La comédienne Brigitte Lo Cicero joue le rôle de la directrice financière de l’agence, et Franck Monier (qui joue le bonhomme post-it de la pub Cetelem ) remplace le directeur artistique. Arnauld Champremier-Trigano, le boss de l’agence (dans la réalité comme dans la série), jure que si deux acteurs professionnels se sont ajoutés au casting, ça n’est pas parce que ses salariés ne savent pas jouer la comédie.

Pour Champremier-Trigano, c’est au contraire un moyen de « mélanger réalité et fiction ». Il souligne l’importance de leur rôle, notamment pour tenir la trame de l’histoire, et mettre en valeur quelques répliques clés. Brigitte Lo Cicero, alias Clara dans la série, ne cesse de rappeler la nécessité de remplir les caisses de l’agence. Elle sonne « la fin de la récré » dans l’épisode 4 pour que les objectifs fixés soient remplis. Sinon :

« Pas de client pas d’argent, pas d’argent pas d’agence. »

Cauet en vrai Arnaud Champremier Trigano s’est également offert les services de Henry Marquis, réalisateur d’ Elysée 2012, la vraie campagne, pour tourner cette web-série. Le journaliste Serge Moati pose lui sa voix bien reconnaissable dans le générique de début de chaque épisode et le scénariste des Lascars (2009), IZM, a aussi donné un coup de main. Tandis que Cauet tape l’incruste dans l’épisode 3.

En fait « seulement une partie des locaux a été mobilisée pour le tournage », précise Champremier Trigano, histoire qu’en vrai l’équipe puisse continuer à bosser pour ses vrais clients. Quand dans la série, l’équipe essaie de décrocher les contrats DSK, Cauet ou le Qatar, dans la vraie vie, l’agence a travaillé ou travaille pour Jean-Luc Mélenchon, Jean-Marc Mormeck et des pays étrangers. Un épisode est par exemple consacré à essayer – sans succès – de signer Nutella. La vraie agence a manqué de peu de signer avec une (autre) marque de pâte à tartiner.

La recette Le budget de production de la websérie est de 60.000 euros. Youtube aide à la diffusion en mettant en avant les vidéos. La société de production Capa donne un coup de main, tout comme le CNC qui a financé une partie du projet. Déjà 120.000 vidéos vues pour les épisodes cumulés : « Les retours sont positifs dans le milieu de la com‘», argue Champremier-Trigano, pour qui ça n’était pas gagné d’avance :

« Il s’agit de nous faire passer pour des cons. Il faut avant tout que les gens se marrent. Mais en terme d’image, l’autodérision est bien reçue, y compris par ceux de notre métier. »

2 comédiens professionnels jouent parmi les vrais salariés. Saurez-vous les reconnaître ?
« Pas de client pas d’argent, pas d’argent pas d’agence »


Arnauld Champremier-Trigano dans le rôle du boss


L'actu