Une touche d’intimité
Dans le cadre intimiste du Petit Hebertot , le pianiste nous convie à une leçon de piano très particulière. Intimiste le mot est lancé: La salle est ainsi faite que l’on se voit dégringoler des gradins et tomber au milieu de la scène située en contrebas.
Une trentaine de spectateurs, c’est-à-dire, une salle à moitié pleine, attend le virtuose. Il entre en scène, queue-de-pie, longue chevelure blanche hirsute. Il fait le tour du piano, nous salue par deux fois, et s’installe. Problème, le clavier ne s’ouvre pas. S’ensuit une scène absurde où pendant un quart d’heure il va chercher la clé, voix de fausset et mimiques grotesques à l’appui.
Les spectateurs se regardent interloqués. Un malaise s’empare de la salle et l’on a presque envie de s’en aller, tant ces pitreries nous affligent. On craint le pire pour la suite du spectacle, mais heureusement tout s’améliore très vite et nous voilà embarqués dans son univers plein de fantaisie.
L’histoire du piano à travers ses révolutions
Le fil conducteur de cette leçon de piano, ce sont les trois révolutions délirantes qui auraient marquées l’histoire de la pratique du piano. Elles nous emmènent de 1850 à nos jours, d’Est en Ouest sans oublier un passage remarquable par la Chine. Le tout rythmé par l’omniprésence du vocabulaire technique qui se fond à merveille dans l’atmosphère du spectacle, ravissant tant les experts que les profanes. L’artiste monte sur son instrument, utilise son corps et le maltraite à grand renfort d’accessoires tous plus insolites les uns que les autres.
Au final, on quitte la salle ravi, en poussant la chansonnette et en récitant ces notes qui nous semblent désormais familières. S’ajoute la satisfaction d’avoir appris des choses, avec aussi une irrésistible envie de se mettre soi-même à jouer du piano, tant cela nous parait facile, vu l’aisance du Maître. Un seul regret cependant, la brièveté de ce spectacle, à peine une heure. On en aurait bien demandé plus.

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