Est-il possible que le Kosovo mette de nombreuses années avant de devenir un Etat à part entière ?
Absolument. La Russie et la Chine ont déjà réaffirmé leur opposition à l’indépendance du Kosovo. Et en tant que membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU, ils peuvent continuer à bloquer le processus de reconnaissance du Kosovo. Même les cinq membres de l’UE qui n’ont pas reconnu l’indépendance du Kosovo, à savoir la Grèce, l’Espagne, Chypre, la Roumanie et la Slovaquie, pourraient bloquer les choses, du fait de ce qu’elle représente par rapport à leurs propres mouvements sécessionnistes. Cette situation floue peut donc se maintenir pour de longues années car l’avis de la CIJ ne règle pas le problème.
Qui tient les rênes de l’avenir du Kosovo ?
Tout dépend de la réponse de la Serbie qui a aussi sa propre ambition d’intégrer l’Union Européenne. Donc si l’UE parvient à un consensus sur le statut du Kosovo, alors la Serbie devra choisir: soit elle intégre l’UE, soit elle continue à réclamer la réintégration du Kosovo.
Que va-t-il advenir du Nord du Kosovo où se trouve une minorité serbe importante ?
Depuis une semaine, il y a eu beaucoup d’incidents dans le Nord, avec notamment la mort d’un Serbe du Kosovo pendant une manifestation contre l’ouverture d’un bureau du gouvernement kosovar. Donc je pense que la communauté internationale doit avancer avec prudence avec l’idée qu’il faudra donner un statut spécial au Nord du Kosovo.
Une solution inventive serait de faire appartenir le Nord à la fois au Kosovo et à la Serbie. La Serbie pourrait dire que le Kosovo fait toujours partie du pays, d’une certaine manière, tandis que le territoire du Kosovo restera intact. Il y a beaucoup d’options basées sur une autonomie accrue pour une région Nord qui garderait des liens institutionnels avec Belgrade. Je pense que l’Irlande du Nord est un exemple intéressant à cet égard.
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