A peine un an d’existence, et déjà Sikh Channel s’impose comme un média incontournable pour la diaspora Sikh en Angleterre. Suivie par plus d’un million et demi de téléspectateurs – sans compter les internautes qui ont accès aux programmes de la chaîne sur son site – Sikh Channel tente de fédérer sa communauté, tout en restant ouverte aux autres groupes religieux et culturels. Avant peut-être d’émettre dans d’autres pays d’Europe et en Amérique.
Devenir une chaîne mondiale
Installée au cœur de Birmingham au Royaume-Uni, l’équipe de Sikh Channel propose des émissions de débats d’opinion et des reportages sur les Sikhs mais aussi sur d’autres communautés religieuses.“C’est très agréable de travailler dans un contexte multiculturel, car nous sommes Sikhs mais il y a dans notre équipe un bouddhiste, des chrétiens, un français, un américain…” explique Manpreet Singh, du service communication de la chaîne. “Cette atmosphère de travail nous aide à prendre en compte les problématiques internationales et à devenir une chaîne mondiale”.
S’imposer dans les pays où le Sikhisme est mal perçu
La journaliste Sumanjeet Bhullar parle couramment français et a animé en juin un show avec des jeunes Sikhs de Bobigny. “Les jeunes Sikhs français ne peuvent pas vivre leur religion pleinement, déjà parce qu’ils n’ont pas le droit de porter le turban à l’école. C’est un respect pour le Dieu, et un Sikh pratiquant ne se coupe pas les cheveux,” explique-t-elle. La loi sur la laïcité de 2004 n’interdit pas le port du turban en le nommant explicitement (contrairement pour le voile ou le crucifix) mais il est interdit de fait puisque considéré comme un signe religieux ostentatoire. De nombreux parents ont été forcé de scolariser leurs enfants dans des établissements privés.
“Les jeunes Sikhs français subissent aussi l’amalgame avec les musulmans,” ajoute-elle. “C’est pour ça que j’ai fait mon émission en France, pour informer sur la difficulté de vivre le Sikhisme dans ce pays. Et j’espère que Sikh Channel va réussir à s’imposer dans d’autres pays où la situation des Sikhs n’est pas simple, pour faire avancer les choses”. En Grande-Bretagne, le contexte politique et social semble plus favorable aux Sikhs. “Ici, on est de la troisième génération et on est bien intégrés, il y a même des MPs (députés) Sikhs!”

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