Les ONG en France se sont plaintes du manque d’engagement pour le Pakistan. Est-ce quelque chose que vous avez aussi ressenti ?
On s’étonne que la communauté internationale ne se mobilise pas plus mais nous avons eu le même engouement de la part de nos donateurs aussi bien pour Haïti que pour le Pakistan. On agit dans plus d’une trentaine de pays dans le monde dont le Pakistan, où nous sommes basés depuis un certain nombre d’années à travers des partenaires locaux. C’est donc un terrain que nous connaissons bien.
Pensez-vous que la solidarité religieuse joue ?
On ne la fait pas jouer. Nous sommes une ONG non-confessionnelle et notre communication n’est pas axée sur la religion. Nous avons des encarts publicitaires dans des médias majoritairement communautaires comme SalamNews par exemple qui ont une oreille attentive vis-à-vis de nous, mais également dans Le Monde Diplomatique. Nous sommes certes basés sur les valeurs de l’Islam mais nous ne sommes pas du tout dans une démarche ni de prosélytisme ni de communautarisme. Cette campagne – la première en son genre – nous donne la possibilité de toucher un public plus large. On œuvre depuis plus de vingt ans en France, mais on s’est rendu compte que les gens ne nous connaissent pas ou peu.
Cette campagne de pub, vous l’avez lancée au même moment que les inondations. Il y a un lien ?
Pas du tout. Elle a été prévue bien avant que la catastrophe ne se déclare au Pakistan. C’est une campagne institutionnelle, de visibilité, pour mieux se faire connaître du grand public. C’est la régie publicitaire de la RATP qui nous a proposé cette période. Mais à aucun moment cela n’a été lié au Pakistan. C’est juste le fruit d’un hasard. Il n’y a pas eu de volonté de notre part de s’en servir pour récolter des dons.
Quelle a été le bilan de cette campagne ?
C’est majoritairement la communauté musulmane qui agit par des dons financiers, matériels… Mais c’est un public déjà acquis. La campagne n’a donc pas entraîné une augmentation des dons. L’objectif n’était vraiment pas dans la rentabilité mais de se faire connaître.
Allez-vous renouveler l’expérience ?
On espère pouvoir la réitérer de manière plus ponctuelle et plus ciblée avec une thématique de campagne donnée ou sur un appel au don.

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