Ils attaquent l'Etat pour délit de faciès

Reportage France Info

C'est la première fois qu'un collectif assigne l'État en justice pour un tel motif. Quinze étudiants, lycéens, serveurs, artistes ou chômeurs, soutenus par plusieurs mouvements, dont Stop le contrôle au faciès, l'association Open Society Justice Initiative et le Syndicat des avocats de France, ont décidé de porter plainte pour discrimination.

catalogués Les membres du collectif, dont aucun n'est "blanc", en ont marre d'être "catalogués comme délinquants". Dans son reportage, Stéphane Pair donne la parole à Régis, l'un des plaignants, qui fait souvent l'objet de contrôles d'identité par les forces de l'ordre. "Les délinquants ne sont pas que noirs et arabes", dénonce-t-il.

En septembre 2009, Fabien Jobard et René Lévy, chercheurs du Centre de recherches sociologiques sur le droit et les institutions pénales (CESDIP), avaient mis en lumière la réalité des contrôles au faciès. Les résultats de leur étude montraient ainsi clairement que de nombreux jeunes étaient interpellés en fonction de leur apparence ou leur couleur de peau :

"Ainsi, si à la descente du Thalys on ne trouve que 7,5% de Noirs, la proportion de Noirs contrôlés y est de 31% de la population totale. A la Fontaine des Innocents, ils constituent 30% de la population de départ, mais 62% de la population contrôlée."

traces Il n'existe aujourd'hui aucun moyen de vérifier la réalité de ces contrôles, si ce n'est d'en être le témoin. Ils ne font l'objet ni d'un procès verbal, ni d'une attestation. Ce que dénoncent notamment Eva Joly et François Hollande, qui défendent la mise en place d'attestations, pour garder une trace de ces arrestations.

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