Accusation de génocide au Sud-Soudan

Reportage Jeune afrique

Selon une organisation des droits de l’homme , la Sudan Democracy First Group (SDGP), l’armée soudanaise  procéderait à une campagne de génocide à l’encontre des populations nubas, à Kordofan-sud. Mardi, c’est un évêque catholique qui pousse un cri du cœur et accuse l’armée gouvernementale  de Khartoum.  

Un climat tendu. Les tensions durent depuis des années entre les deux communautés du pays : au nord les arabo-musulman et au sud les afro-chrétien. Un référendum visant à dissocier les deux régions en deux états indépendants, prenant effet le 9 juillet avait toutefois calmé les esprits.

Pourtant, depuis le 5 juin la ville de Kordofan, emplacement stratégique pétrolier situé à la frontière des deux états, est le spectacle d’une véritable guérilla entre les troupes de Khartoum (nordistes) aidées par des milices pro-gouvernementales et les  forces sudistes.

« Autant que je sache, le président soudanais Omar el-Béchir a déclaré la guerre à la population sud de Nuba », a déclaré à l'AFP l’éveque Mgr Macram Gassis. Ethnie non-arabe, les Nubas ont lutté aux côtés des rebelles du sud lors de la guerre civile.

Omar el-Béchir, a indiqué jeudi  que son armée reprenait le contrôle du Kordofan-Sud, réfutant ces allégations en affirmant que l’armée soudanaise tentait de mettre fin « à une rébellion ».

Constat d’un génocide. Dans un rapport de six pages,  la SDGP accuse pourtant  les forces gouvernementales d'un « tas de crimes et de violations des droits de l'homme commis contre la population civile au Kordofan-Sud ».

Elle y fait un constat alarmant : «  La semaine dernière, les forces armées soudanaises ont commis des atrocités, y compris des exécutions sommaires, des meurtres gratuits, des arrestations arbitraires, des tortures, des incendies volontaires et des disparitions, en plus de destructions d'infrastructures et d'incendies d'églises ». D’autres informations font état de plusieurs églises pillées et un pasteur tué.

« S'ils veulent combattre les ex-rebelles sudistes de l'armée populaire de libération du Soudan, qu'ils le fassent. Mais ils ne devraient pas toucher aux civils (...) Pourquoi des femmes, des enfants, des vieillards devraient-ils être visés ? » a imploré l’évêque.

L’ONU elle dénonce les raids aériens menés par les forces armée soudanaises estimant qu’ils causaient d’énormes souffrances à la population civile. Ils mettraient de plus, l’aide d’urgence en danger.

Entre 30. 000 et 40. 000 personnes auraient déjà fui la capitale, Kadougli.

Une info ? Un lien du web ? envoyez une info

sondage dégénéré

les derniers commentaires