19/12/2014

40 cartes avec les meilleurs spots choisis par les mecs du coin

Des city guides d’Europe, gratuits et DIY

Par Fiona Guitard

Use-It propose des cartes gratuites de villes européennes. Au programme : bons plans et spots pas chers, repérés par les jeunes du coin. Nico, le red chef, nous explique comment faire son propre guide.

« Un fait est un fait : le Celtica vend la bière la moins chère de la ville ». C’est le genre d’info qu’on trouve sur les cartes distribuées par Use-It . L’assoc’ propose des guides gratuits de villes européennes, dessinés et rédigés par les jeunes du coin.

De Bruxelles à Bratislava en passant par Innsbruck, plus de quarante cartes de villes sont disponibles en anglais sur leur site, mais pas Paris. « Personne n’a réussi à en faire », nous explique Nicolas Marichal, rédacteur en chef du site web :

« J’ai reçu des propositions d’au moins 5 personnes qui voulaient se lancer dans le projet mais qui n’ont pas pu trouver assez d’argent. »

Car si consulter les cartes est totalement gratuit, leur conception se fait grâce à des subventions ou des mécènes. Pas simple de réunir la somme nécessaire : plus de 200 groupes, aux quatre coins de l’europe, s’y sont cassés les dents ou continuent de « rechercher des investisseurs ». Joint par Skype, Nico nous explique comment faire pour créer sa propre carte.

La carte des hot spots de Lille selon Use-it / Crédits : Use-It

Comment devient-on membre de Use-It ?

Il suffit de m’envoyer un mail pour commencer en précisant de quelle ville vous voulez faire une carte. Si un projet est déjà en place, on met les jeunes en relation pour qu’ils puissent bosser ensemble. Il faut aussi beaucoup s’informer en prenant des brochures à droite à gauche pour savoir ce qui est déjà fait dans les guides pour bien expliquer lors des démarches les différences entre Use-It et d’autres concepteurs de cartes. Et c’est une fois le budget atteint qu’on devient membre et que la carte est inscrite en « Work in progress » sur notre site.

Combien ça coûte pour faire une carte ?

Le budget idéal pour une carte est 20.000 euros – avec 10.000, on peut s’en sortir, mais c’est plus compliqué. Déjà, cette somme comprend l’impression de la carte : ça peut aller de 30.000 à 200.000 exemplaires. Mais elle comprend aussi 1.000 euros de frais pour être membre du réseau, ainsi que la distribution qui a lieu tous les 3 mois notamment dans les auberges de jeunesse, une semaine de salaire pour un designer graphique, etc. On organise également un meeting annuel pour que les créateurs de carte se rencontrent. Le but, c’est aussi que les jeunes qui se lancent dans ces cartes puissent éventuellement se payer un peu.

On demande où l’argent ?

On peut le demander dans des centres d’info touristiques. On sait que les jeunes représentent 20 pour cent des voyageurs. C’est aussi pour ça que les centres d’info jeunes peuvent être une cible. Les jeunes aiment rencontrer des locaux et beaucoup se rendent dans ce genre de centre pour savoir où sortir, où aller sans trop dépenser. La Commission Européenne, qui apprécie les initiatives jeunes, peut aussi être un moyen tout comme le crowdfunding, même si pour cette dernière option il faut avoir une bonne approche créative pour que ça fonctionne.

Et les entreprises privées ?

Elles peuvent donner de l’argent mais il faut qu’elles restent en retrait. Elles ne peuvent pas intervenir dans le choix des lieux ni dans la conception de la carte. Elles ne peuvent pas non plus imposer leur logo ou « marquer » la carte de quelque façon que ce soit.

Quelles sont les règles à respecter ?

Il y a quelques bases assez simples à respecter au sein du réseau. La première c’est de ne pas oublier que c’est non commercial. Donc personne ne paye pour apparaître et on ne les vend pas. Elles sont en accès libre une fois qu’elles sont sur le site. La seconde est qu’elles sont faites uniquement par des jeunes locaux, donc pas par des gens qui font des guides de tourisme.

A l’ère des smartphones, ce n’est pas dépassé les cartes papiers ?

On pense que les cartes imprimées sont encore nécessaires, et les gens aiment avoir une vue d’ensemble de la ville pour pouvoir visualiser où ils sont, ce qui les entoure. Quand on va dans une ville pour la première fois, c’est même essentiel. On est en train de développer une appli qui sera prête en mars 2015. Mais la condition pour y accéder reste de d’abord accéder aux cartes papiers. C’est aussi un slogan : « No Map, No App ».