18/10/2012

« Quand j'étais jeune, c'était dur de rentrer dans les boîtes de nuit »

Vidéo à l'Assemblée : avez-vous déjà été victime d'un contrôle au faciès ?

Par Françoise Ortie

Récépissé ou matricule? Hollande avait promis qu'il lutterait contre les contrôles au faciès, mais depuis son élection, aucune solution n'a été expérimentée. Et nos députés, au bout de combien de contrôles d'identité s'énervent-ils

Les faits

Comment diminuer les contrôles d’identité abusifs ? Hollande avait promis durant la campagne présidentielle le lancement d’un récépissé, un papier obligatoirement délivré par un policier après qu’il ait contrôlé quelqu’un. Mais dès juillet dernier, Manuel Valls, le ministre de l’Intérieur, enterre le projet.

Cette semaine, un rapport sur l’encadrement des contrôles d’identité, chapeauté par Dominique Baudis, soumet au gouvernement une autre idée: le retour des matricules sur l’uniforme des policiers, effacées depuis les années 1980. Super-Manuel-Valls pense que c’est une bonne idée – ouf, tout le monde respire.

Le contexte

Depuis des années, les collectifs de lutte contre les contrôles au faciès, comme Stop le contrôle au faciès, se battent pour que les gouvernements, qu’ils soient de gauche ou de droite, fassent diminuer le nombre de contrôles abusifs.

L’an passé, pour sensibiliser le grand public à la question, 17 artistes, dont la Fouine, Soprano et Oxmo Puccino, avaient raconté dans une web-série leurs premiers contrôles d’identité À la même période, une étude du CNRS expliquait que les contrôles abusifs étaient d’abord subis par ceux qui sont perçus comme « jeunes » (11 fois plus que les autres), « noirs » (6 fois plus que les « blancs »), ou « arabes » (8 fois plus).

La question de StreetPress

Au bout de combien de contrôles d’identité par jour vous n’en pourriez plus ? Avez-vous déjà victime d’un contrôle au faciès ?

Les réponses des députés

Jacques Myard (UMP) : « S’il a rien à se reprocher, ça peut aller jusqu’à 1000 »

Malek Boutih (PS) : « J’ai passé ma nuit du Nouvel an au commissariat, j’avais rien fait »

Philippe Plisson (PS) « Si vous êtes un Charentais et un Maghrébin, c’est forcément le Maghrébin à qui on posera des questions. »

Maurice Leroy (UDI) : « Quand j’étais jeune, c’était dur de rentrer dans les boîtes de nuit »

Si vous êtes un Charentais et un Maghrébin, c’est forcément le Maghrébin à qui on posera des questions

bqhidden. J’ai passé ma nuit du Nouvel an au commissariat, j’avais rien fait »