Parisiens, parisiennes, voilà pourquoi vos fontaines sont rouge sang ce matin

11 Octobre 2017

par Insomnia, INSOMNIA est un collectif féministe luttant contre les propos sexistes véhiculés par des enseignes, marques, institutions ou tout autre corps en relation avec la sphère publique.

Pour se faire entendre sur les problématiques et maladies liées aux menstruations, le collectif féministe INSOMNIA a repeint les fontaines de la capitale couleur rouge sang. Une action dans le cadre de la Journée Internationale du droit des Filles.

Ce matin, vos fontaines sont rouge sang. Paris s’éveille face à des draps tachés de nos mots, rouge vif : « Le sang de la violence ne choque pas, le sang des règles dégoûte ». « Les règles, toujours taboues depuis des millions d’années », aussi. Mais de nos règles, nombreux sont ceux à s’en tamponner.

La nuit du 10 au 11 octobre, à l’occasion de la Journée Internationale du droit des Filles, nous avons repeint une quinzaine de fontaines parisienne à la couleur de nos règles, pour dénoncer ce tabou.

Pourquoi censurer ce qui touche la moitié de la population ? Pourquoi en faire quelque chose de sale, d’impure, alors qu’elles ne sont que naturelles ? Pourquoi utiliser un liquide bleu dans toutes les publicités ?

Par cette action, nous voudrions vous sensibiliser à différents sujets liés à nos règles :

1L’endométriose, vous connaissez ?

Nous manquons cruellement de connaissances et de prise en charge sur l’endométriose. L’endomètre est le tissu qui tapisse l’utérus. Quand il est mal situé, il entraîne des douleurs extrêmes et peut être très handicapant. L’endométriose concerne une femme sur dix. 40% des femmes qui sont touchées peuvent être infertiles.

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Action dans le Parc de la Villette. / Crédits : Insomnia

2Les règles coûtent 23 500 € dans la vie d’une femme

Les produits hygiéniques sont beaucoup trop chers. Dans sa vie, une femme dépense en moyenne 23 500 euros en protections hygiéniques et en médicaments pour soulager les douleurs liées aux règles. Les femmes SDF ou en situation de précarité n’ont pas ces moyens. Doivent-elles se passer de protections, s’en fabriquer elles-mêmes au risque de contracter des infections ou se retrouver contraintes de faire un choix entre nourriture et tampons ? Et rien pris en charge.

Nous demandons une poursuite de la baisse de la taxe tampon à 2,1%. Nous avons besoin de gratuité pour les femmes dans la rue et mineures. Nous réclamons également un accès facilités aux protections hygiénique. Pourquoi ne pas installer des distributeurs dans les hôpitaux, gare, toilettes, etc…, sur le modèle des distributeurs de capotes ?

3Plus de transparence sur la composition des produits hygiéniques

Les pesticides dans le coton et autres produits néfastes peuvent être sources d’intoxications. En outre, en 2014, 22 femmes en France ont subi des chocs toxiques suite à l’utilisation de protections hygiéniques (entrainant amputation voire décès). Les marques nous culpabilisent en nous faisant comprendre que c’est nous qui n’en changeons pas assez souvent. Mais les seuls responsables sont ceux qui autorisent la présence de produits toxiques dans nos vagins. Nous réclamons plus de transparence sur la composition des serviettes et tampons !

Nos actions ont pour but de vous rester en mémoire. Nous voudrions sensibiliser à cette cause qui nous est chère. Nous espérons que, maintenant, vous ne verrez plus nos règles de la même façon.