Le sort des 33 millions de malades du Sida dans le monde est suspendu à la décision des laboratoires pharmaceutiques : Soit ils marchent avec la création d’une communauté de brevets sur les traitements contre le VIH ; soit deux malades sur trois dans le monde n’auront toujours pas accès aux anti-rétroviraux ; et les malades des pays pauvres qui seront traités continueront à avaler des médicaments dont la formule date de plus de 20 ans.
« La pandémie de VIH s’est stabilisée, mais à un niveau inacceptable », explique à StreetPress Peter Piot, le président d’Onusida. Plusieurs milliers de personnes contractent l’épidémie chaque jour. En 27 ans, le Sida a fait 25 millions de morts. Depuis 2000, si l’espérance de vie en Afrique australe a chuté de plus de 10 ans, c’est surtout à cause du VIH. Pour Peter Piot, 8 millions de malades attendent un traitement en urgence. Les médicaments contre le VIH, les anti-rétroviraux, existent bien, mais deux personnes sur trois n’y ont pas accès. Pourquoi ? Parce qu’ils sont trop chers.
Des antirétroviraux « génériques » low-cost, mais moins efficaces
« C’est là où il y a le plus de patients qu’on utilise les plus mauvais médicaments », dénonce Marie-Pierre Allié, présidente de Médecins sans Frontières (MSF). Car on sait que les traitements contre le Sida coûtent cher. A l’heure actuelle, le prix minimum du traitement dans les pays en voie de développement est de 300 dollars par an et par patient, contre environ 5.000 dollars en Europe. Mais ces médicaments low cost sont des génériques : S’ils ne sont pas chers, c’est parce qu’ils sont fabriqués à partir de molécules dont le brevet est tombé dans le domaine public. Cela signifie qu’elles ont été découvertes depuis plus de 10 ou 20 ans. Et depuis, la recherche a avancé.





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