03/12/2010

Critique: Raiponce, le dernier Disney

Par Elsa Kissel

Présentée comme « étonnante » et « vraiment pas comme les autres », la nouvelle princesse de Disney Raiponce chamboule t-elle les clichés femmes-hommes d'ordinaire prégnants dans les contes ?

Une femme opprimée qui accomplit gaiement des tâches ménagères en chantonnant et en rêvant à l’amour d’un prince : c’est Blanche-Neige. Une autre, cloîtrée dans une maison, qui fait la cuisine malgré elle, rêvant à un destin meilleur dans les bras d’un Ken riche et puissant: c’est Cendrillon. Qu’en est-il de Raiponce, cette héroïne dont les aventures sont inspirées du conte éponyme des frères Grimm (« Rapunzel » en allemand) ?

Le site officiel Disney de Raiponce parle dans son résumé de l’histoire « d’une princesse vraiment pas comme les autres… » tandis que la bande-annonce est signée Pink (« Trouble »). C’est donc en m’attendant à un renversement des clichés que je me suis précipitée mercredi à 20h05 au MK2 Odéon pour voir le film d’animation en 3D.

Raiponce, la princesse à la chevelure magique

La chevelure de Raiponce est magique, fait 20 mètres de long et permet de guérir et de préserver de la vieillesse, donc de la mort. La Mère Gothel, la méchante sorcière, le sait et kidnappe bébé Raiponce dans son berceau. Les parents royaux sont accablés. Chaque année, à la mémoire de la « princesse disparue », ils lâchent vers les étoiles des lanternes par milliers. Cette cérémonie a lieu le jour de la naissance de la princesse: tous les ans pour son anniversaire, Raiponce observe, depuis son unique fenêtre, les lanternes s’élever dans la nuit.

Depuis toute petite, elle rêve d’assister de près à ce spectacle. Le jour de ses 18 ans, alors que sa sorcière de mère lui explique qu’elle ne pourra jamais quitter sa tour, Raiponce rencontre Flynn Rider, qui cherche à échapper à la garde royale pour quelque méfait qu’il a commis. Raiponce et Rider concluent un marché : si le beau jeune homme l’aide à aller observer de près le spectacle des lanternes, Raiponce lui rendra le butin pour lequel il est poursuivi.

Fiche technique :

Réalisé par: Byron Howard, Nathan Greno, avec les voix de Mandy Moore, Zachary Levi, Donna Murphy.
Durée: 1h41.
Vu au: MK2 Odéon en VO 3D, le 1er décembre, à 20h05 (les séances précédentes sont en VF)
Affluence: 40 personnes dont 19 couples, une mère et son enfant.
J’y vais avec: un enfant entre 5 et 30 ans.
Glace ou Pop-Corn: fraises Tagada.
Prix: 10 euros en tarif étudiant.
Note: pour la rigolade : 4/5 ; pour le côté anti-cliché : 0,5/5.

Savoir vous battre c’est bien, être blonde, c’est mieux

Raiponce n’échappe pas au scénario classique : c’est bien une jeune fille enfermée dans une tour. Éléments nouveaux : elle ne rêve pas à l’amour, seulement à des lanternes et, sans le savoir, à retrouver sa famille biologique. De plus, elle est prête à conclure un marché pour y arriver. Quelle audace.

Mais si elle est si casse-cou, ce n’est parce qu’elle s’est formée à l’auto-défense ou au kravmaga, mais bien parce qu’elle est dotée d’une chevelure magique qui la rend surpuissante. Chères petites filles qui regardez ce dessin-animé : avoir de la force et savoir vous battre, c’est bien. Mais avoir une chevelure blonde, de 20 mètres de long et magique c’est encore mieux. Dommage pour vous. Il ne vous reste donc qu’à vous entraîner au maniement de la poêle à frire. Car voilà l’arme accessible au commun des mortelles dont se sert Raiponce.

Barbie Princesse Raiponce Cheveux Magiques déjà en vente à Toys’R Us

Raiponce s’est en effet gaiement formée, durant ses 18 années d’enfermement, à tous ce qui est censé correspondre à l’éducation d’une jeune fille bien élevée : la cuisine, le ménage, la musique, le chant, la peinture, la lecture. Comme pour être une vraie fille, qui plus est une vraie princesse, il faut être « normément » belle … Raiponce est canonique ! D’ailleurs Barbie Princesse Raiponce Cheveux magiques, est déjà en vente. Notre héroïne porte une jolie robe de princesse, rose.

Un bon moment détente et humour

Au final, si l’on va voir ce film d’animation, ce n’est pas pour être complètement abasourdi par un renversement des rôles-clichés des femmes et des hommes. S’il est vrai que Flynn Rider est un anti-héros un peu trop loquace, c’est quand même lui qui, in fine, volera à la rescousse de notre princesse. Dans un langage résolument moderne et d’jeunz, « Raiponce » est malgré son conformisme l’occasion de passer un moment tout en détente et en humour, notamment grâce à Maximus le cheval et Pascal le caméléon. La B.O. n’est pas désagréable non plus.

La bande-annonce de Raiponce


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