04/07/2017

« Sur demande de l’état »

Dans le cadre du G20, la SNCF demande à ses agents de signaler les « militants » et « zadistes »

Par Tomas Statius

Selon un document placardé dans certains bureaux, la SNCF demande à ses agents de « signaler » les « personnes dont le comportement pourrait laisser supposer un comportement militant porté à l’extrême ».

Ce matin, une petite note est apparue sur les murs de nombreux bureaux de la SNCF dans l’est de la France. Dans ce petit document, révélé par Sud Rail et que StreetPress a pu se procurer, l’entreprise publique en appelle à la vigilance de ses agents dans les trains mais aussi en gare. En cause ? La tenue du G20 à Hambourg et l’affluence de nombreux militants d’extrême gauche :

Pour consulter le document, cliquez ici.

« La direction de la Sûreté sur demande de l’Etat a besoin de notre aide (…) pour signaler tout mouvement ou groupe suspect qui se déplacerait à destination de la Belgique et/ou de la Suisse et/ou de l’Allemagne. »

Et l’auteur de cette note de décrire le profil type de dangereux militants à surveiller de très près :

« Personne dont le comportement pourrait laisser supposer un comportement militant porté à l’extrême (personnes appartenant au mouvement zadiste venant de Notre-Dame-des-Landes mais également des Alpes). »

« Les pires heures de notre histoire »

Pour Bernard Poncet, membre du bureau fédérale du Sud Rail, l’initiative « rappelle les pires heures de notre pays » :

« C’est très choquant de donner un type de personnes à surveiller. Et puis ce n’est pas le rôle des cheminots. »

Pour le syndicaliste, ces demandes de « flicage » sont de plus en plus nombreuses au sein de l’entreprise :

« Ca existe pour les migrants notamment, que ce soit en région PACA ou en région parisienne. »

Pour l’heure, si la consigne a bien été donnée à de nombreux agents, difficile de savoir qui a pris l’initiative d’imprimer ce petit écriteau placardé dans plusieurs bureaux de la SNCF. « A mon avis, c’est une initiative locale » indique Bernard Bonzet :

« Quand la boite donne des consignes de ce type, c’est plutôt à l’oral. »

Contactés par Streetpress, ni le ministère de l’intérieur, ni la SNCF n’ont donné suite à nos demandes d’interview.

Edit du 04/07/2017 à 17h55 : Contacté par l’AFP, le porte-parole de la SNCF qualifie « d’initiative locale, malheureuse et regrettable » la note sur le G20 et présente ses « excuses ».