Fatoumata Koïta, excisée à 16 ans au Sénégal, milite contre ces mutilations génitales féminines en France et dans son pays d'origine. Elle a créé une association venant en aide à ces femmes dans leur parcours de reconstruction.
230 millions de femmes, selon l’Unicef, ont subi des mutilations génitales féminines. Comme Fatoumata, 28 ans. À 16 ans, alors qu’elle pensait aller au Sénégal pour des vacances, elle a été victime d’excision dans le village de ses parents. « Il y avait des oncles qui me disaient que je n’avais pas le choix, que c’était l’honneur de la famille, que toutes les femmes étaient passées par là », avant d’ajouter :
« On m’a dit : “C’est pour ta mère que tu le fais, c’est pour sa fierté.“ »
L’excision consiste à enlever totalement ou partiellement des organes génitaux féminins extérieurs sans raison médicale. Dans la majeure partie des cas, l’acte est réalisé sans anesthésie avec des instruments non stérilisés, ce qui n’est pas sans entraîner des complications et des infections.
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À son retour en France, souffrant d’une amnésie traumatique, elle ne peut parler de cette « lame qui a sûrement été utilisée pour couper d’autres femmes ». C’est lors de son accouchement d’un de ses deux enfants que « les blessures » se réveillent. Aujourd’hui, Fatoumata raconte son histoire, d’abord pour partager sa souffrance puis pour éviter que d’autres femmes soient victimes. Elle dit :
« J’en ferai mon combat. »
En effet, elle a coécrit un livre et créé une association, Ne me mutile plus – Stop excision, qui prend en charge la chirurgie réparatrice pour les femmes excisées en Afrique. Ainsi, elle sort des clichés concernant cette violation des droits des femmes :
« On pense que c’est une pratique religieuse alors que c’est culturelle. »
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