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    16 / 12 / 2013

    On a suivi un cours d'informatique pour retraités

    A la cité des Larris (94), on parie sur le web pour créer du lien social

    Par Emilie Tôn

    Des ordis à prix cassés, des cafés-débats sur le numérique et des ateliers où les seniors apprennent à naviguer sur le web : A Fontenay-sous-Bois on espère que le WWW peut recréer du lien dans la cité.

    Fontenay-sous-Bois (94) – Dans une petite maison en bois au milieu des tours HLM, une douzaine de retraités se retrouvent dans une salle remplie d’ordinateurs. Nous sommes à l’espace intergénérationnel de la cité des Larris, à Fontenay-sous-Bois. Comme tous les lundis après-midi depuis près d’un mois, la bande de sexagénaires suit des cours d’informatique. Il est 15h et le deuxième groupe de la journée se met aux claviers, bien décidé à apprendre de nouvelles manières de manipuler l’objet : clic droit vs. double clic, traitement de texte… Lentement mais sûrement, la ville avance sur la mission qu’elle s’est donnée : tous les habitants doivent avoir accès au numérique.

    Pari sur le net Connu pour l’affaire « des tournantes » , le quartier des Larris de Fontenay-sous-Bois a mauvaise réputation. ZUP violente, défavorisée, on en oublie que, comme tous les quartiers, celui des Larris a aussi ses forces. Et la mairie de Fontenay-sous-Bois a décidé de parier sur le numérique pour inverser la tendance. Avec pour objectifs de donner accès au net à tous les habitants et à utiliser les nouvelles technos pour créer de la cohésion sociale.

    D’après une enquête réalisée en 2012 sur la moitié des 3000 foyers des Larris, le taux d’équipement à Internet est proche de la situation nationale avec 80% de foyers équipés. « Le même que dans les autres villes françaises. Il n’y a pas de déficit d’accès », note Florent Lajous, chargé de mission Internet et habitat social à la Ville de Fontenay-sous-Bois. Mais l’étude rapporte que les personnes seules et les retraités sont eux beaucoup moins connectés.

    Florent Lajous, installé à son bureau de la mairie avec vue sur les tours, note également une différence dans l’utilisation du web :

    « Les usages sont plus ludiques que la moyenne nationale et peu axés sur le travail et les études. »

    Aussi, les ordinateurs des habitants des Larris sont « relativement anciens » et le coût élevé d’un nouvel ordinateur est un blocage pour 1 habitant sur 5.

    A partir de ces constats, le programme « Internet pour tous aux Larris » est lancé en mai dernier par la municipalité, avec 3 axes :

    1 Des ordis à prix cassés

    Depuis mai, les habitants des Larris peuvent acheter des ordinateurs à prix cassés. C’est l’association Ateliers sans Frontières qui reconditionne des PC de moins de 3 ans et les vend pour une centaine d’euros. « L’opération a été une réussite. Il y a même des personnes extérieures aux Larris qui en commandent. Ça montre que les frontières de la cité ne sont pas des murs infranchissables », se réjouit Florent Lajous.

    2 Transformer les papys en geeks

    Les retraités du quartier se retrouvent les lundis après-midi pour des ateliers d’initiation à l’informatique. « Les personnes déconnectées l’étaient souvent parce qu’elles n’avaient pas le savoir-faire » précise le chargé de mission.

    Ça montre que les frontières de la cité ne sont pas des murs infranchissables

    3 Des cafés-débats autour du net

    S’organiser au quotidien, dépenser moins, apprendre et s’informer et accompagner ses enfants sur le web… Les cafés-débats sur le net et la vie quotidienne affichent complets. Pendant la fête du quartier, un Open Bidouille Camp était également organisé, avec des ateliers de bricolage et de découverte tournés vers le numérique :

    « Il y avait des enfants et des adultes du quartier, mais aussi d’ailleurs. L’événement a attiré du monde et a changé la vision que les gens de l’extérieur avaient du quartier. »

    En 2014, le programme sera étendu à 3 autres quartiers de l’ouest de la ville. Et pendant ce temps, Fontenay-sous-Bois est fière d’arborer ses 5 arobases – « 5@ » accordés par l’association villes internet. Ca le fait plus que le panneau villes fleuries.

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