En ce moment

    03/11/2010

    Ligne aérienne Paris-Bagdad: Une hôtesse de l'air témoigne

    Par Arnaud Wyart

    Samedi 30 octobre une ligne aérienne Paris-Bagdad a été ouverte par la compagnie Aigle Azur 20 ans après le dernier vol. L'hôtesse de l'air Ana S. s'est portée volontaire pour travailler sur cette ligne «un projet très prometteur économiquement»

    Comment as-tu entendu parlé de l’ouverture de la ligne Paris-Bagdad?

    En fait j’étais déjà au courant du projet avant de passer les sélections pour la compagnie. Il s’agit d’un grand pas en avant et forcement beaucoup de monde en a entendu parler. Cela fait quand même 20 ans qu’il n’y a pas eu de ligne Paris-Bagdad. Aigle Azur a déjà ouvert une ligne Paris Alger il y a 10 ans après de nombreuses années de blackout sur cette destination et alors qu’Air France ne voulait évidemment plus la couvrir… Donc encore une fois ils frappent fort…

    Quelles sont les réactions au sein de la compagnie?

    On en parle énormément. Le personnel navigant d’Aigle Azur a assez peur. Car effectivement l’Irak n’est pas un pays où les conditions de sécurité sont très fortes, et les risques demeurent. Néanmoins il y a un encadrement qui existe et une sécurité qui se met en place pour les étrangers qui souhaitent investir et travailler la-bas. Donc personnellement je pense qu’il y a pas de danger.

    Pourquoi le personnel a t-il peur? Vont-ils rester sur place après les vols?

    Théoriquement sur ce genre de courrier on fait l’aller-retour mais il y a toujours des impondérables: une pièce défectueuse, un problème de météo, ce genre de choses qui font qu’un avion peut rester bloqué plusieurs heures dans un aéroport. Dans ce cas il faut loger le personnel de manière sécurisée. Et c’est là où ca coince car ils n’ont pas la certitude de nous loger dans un endroit hyper sur.
    En plus, de l’aéroport au centre de Bagdad il faut évaluer la route car il faut circuler entre des véhicules blindés. Dans la ville les hôtels internationaux sont la cible des tentatives d’enlèvements et d’attentats. C’est clairement indiqué sur le site du quai d’Orsay. Donc il y a effectivement des risques si l’on doit rester sur place !

    C’est pour cela qu’Air France et les autres compagnies ont peur d’envoyer leur personnel?

    Oui elles sont frileuses… mais l’ouverture de la ligne Paris-Bagad ligne se fait tout de même en partenariat avec Air France. Elle participe au projet et elle est présente dans le processus mais effectivement elle n’envoie pas son personnel.  
    Je pense qu’à terme Air France va essayer de récupérer les choses car c’est un projet très prometteur économiquement. La clientèle sera essentiellement composées d’hommes d’affaire et la ligne devrait donc être très rentable. La ligne Paris-Alger est devenue l’une de nos lignes les plus rentable et fréquentée …

    D’ou ce premier vol avec la secrétaire d’État au Commerce extérieur, Anne-Marie Idrac?

    Oui, elle était accompagnée du Medef et de dirigeants de sociétés de sécurité. Elle a crée un centre d’affaires français dans Bagdad pour garantir une sécurité aux futurs businessmen français qui iront travailler la-bas.

    Quelle est ton opinion sur ce projet?

    L’objectif est avant tout économique, il ne faut pas être naïf. Mais tout un pays est à reconstruire et il faut un certain dynamisme pour le faire, donc je pense que c’est une bonne chose.

    « L’aéroport au centre de Bagdad il faut évaluer la route car il faut circuler entre des véhicules blindés »

    « L’objectif est avant tout économique, il ne faut pas être naïf »

    « L’ouverture de la ligne Paris-Bagad ligne se fait tout de même en partenariat avec Air France »

    Source: Arnaud Wyart | StreetPress

    On a choisi de faire différemment. Vous validez ?

    Contrairement à la plupart des médias, StreetPress a choisi d’ouvrir l’intégralité de ses enquêtes, reportages et vidéos en accès libre et gratuit. Pour sortir des flux d’infos en continu et de la caricature de nos vies, on pense qu’il est urgent de revenir au niveau du sol, du terrain, de la rue. Faire entendre les voix des oubliés.es du débat public, c’est prendre un engagement fort dans la bataille contre les préjugés qui fracturent la société. Nous avons choisi de remettre notre indépendance entre vos mains. Pour que cette information reste accessible au plus grande nombre, votre soutien tous les mois est essentiel. Si vous le pouvez, soutenez StreetPress, même 1€ ça fait la différence.

    En savoir plus sur Streetpress

    Je soutiens StreetPress  
    mode payements

    NE MANQUEZ RIEN DE STREETPRESS,
    ABONNEZ-VOUS À NOTRE NEWSLETTER