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    14 / 12 / 2010

    StreetPress a rencontré la moitié de One-Two avant son show au Nouveau Casino

    Séverin : « Etre ringard, c'est être moderne »

    Par Noémie Toledano

    Un album 100% féminin, la bande son du dessin animé Commander Clark, 3 morceaux pour Camélia Jordana en tant que compositeur et réalisateur:rencontre avec un artiste qui chante Amel Bent, fan des comédies musicales et qui n'aime pas les restos bio.

    Salut Séverin

    Je m’appelle Séverin!

    Et à part ça?

    Tu veux savoir d’où je viens et où je vais comme Amel Bent! D’où je vais, où je viens… Euh non! D’où je viens où je vais…

    Entre autres, oui…

    Et bien j’ai fait un groupe qui s’appelait One-Two. On a fait deux albums et ensuite j’ai signé avec Wagram, le Label cinq-7 pour un album qui s’appelait Cheesecake où j’ai fait chanter 14 filles. Suite à cette expérience j’ai décidé de chanter tout seul en français, ce que je n’avais jamais fait auparavant, pour un album qui va paraître en mars et qui s’appelle L’Amour Triangulaire.

    Qu’est-ce qui s’est passé pour que tu te décides à chanter tout seul ?

    Si on a arrêté One-Two, c’est parce qu’on était trop productifs, l’un comme l’autre. Tu as un album qui sort tous les deux ans en moyenne, à deux tu fais donc 6 morceaux chacun. A un moment, tu as envie de faire plus. Et puis comme on a appris à faire de la musique ensemble, à un moment on s’est senti capable de le faire chacun de son côté.

    Séverin en 5 dates

    1995 : Voyage scolaire. Première fois qu’il met un casque et écoute Led Zepplin. Premier sentiment de fan d’être amoureux du chanteur.

    1997 : Sa mère est en vacances à Bali dans le même hôtel que Mick Jagger. Elle lui met un mot sous sa porte « Si mon fils sait que j’étais près de vous et que je n’ai pas un mot de vous, il va être déprimé pour toujours ». Le lendemain, il lui met une carte sous sa porte en français « Cher Séverin, bonne chance avec la musique. Souviens-toi que ta mère est très gentille. »

    2006 : Signe son premier contrat de disque et n’est pas peu fier.

    2006 : Primavera Festival avec One-Two. Première fois qu’il joue devant 5000 personnes.

    Décembre 2010 : La semaine dernière : il est allé chez le coiffeur. Apparemment, ça ne se voit pas mais c’est très compliqué d’aller chez le coiffeur quand on a les cheveux bouclés.

    Et de chanter en français ?

    C’est parti d’une constatation, d’une lassitude d’écrire en anglais. J’avais l’impression de remplir les cases d’un truc un peu automatique. Là, je veux faire la chanson triste, alors j’utilise le vocabulaire que j’ai. En anglais, le mien n’est quand même pas très poussé. Je voulais que cela me correspondre: plus spontané, frais, simple et un peu plus rocky. Un truc où les mots et l’instrumentation sont sur le même plan.

    Il paraît que t’es un fan de comédies musicales?

    Oui, c’est pour ça que j’ai commencé par faire des études de cinéma. Je me disais que j’avais l’ambition de faire comédies musicales. Ambition que je n’ai plus trop maintenant parce que je me rends bien compte que ce serait beaucoup trop compliqué. Mais c’est notamment pour ça que notre deuxième album avec One-Two était un opéra. Jacques Demy m’a vraiment marqué.

    Ah, en fait tu parles de ce genre de comédies musicales…

    Je crois que c’était surtout un moyen pour moi d’accepter que je rêvais de faire de la musique. Dans ma famille, la musique n’était pas une possibilité pour vivre. Le cinéma, c’était un peu un compromis socialement acceptable.

    Et c’est toujours les comédies musicales qui t’inspirent ?

    Non, pas vraiment. Mon inspiration vient de différents trucs. Il y a une partie très mélodique venant de Paul Simon, de Paul McCartney. Il y a aussi une énergie un peu rock qui vient de trucs que j’aime beaucoup, comme Led Zeppelin ou Black Sabbath. Mais c’est sur que tu ne penseras pas à Black Sabbath en écoutant le disque. Il y aussi de la new wave synthétique comme Elie et Jacno, Marie et les Garçons.

    Tu n’as pas peur de passer pour un ringard avec toute cette imagerie 80’s ?

    Etre ringard, c’est peut-être être moderne. Ce qui est ringard devient toujours moderne, et vice-versa. Je ne me sens pas ringard et je n’ai pas tellement d’imagerie années 80. Je ne me sens pas nostalgique d’une époque. Je pense que ce que je fais est assez mélangé, mais après il y a peut être un truc qui ressort frontalement, surtout que le premier single En Noir et Blanc est le plus 80’s des morceaux de l’album. Le son est très synthétique et dans le clip, on est dans la fumée.

    En Noir et Blanc, ça veut dire quoi?

    En français ? C’est un peu l’idée de la chanson. Un polaroïd de mon ex-copine qui était chez moi, une photo en noir et blanc que je n’avais pas osé décrocher et qui vieillissait un peu.

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    L’EP « En noir et blanc » sorti le 1er novembre. L’album « L’amour triangulaire » devrait arriver dans les bacs en avril 2011.

    Ecrire en Français « C’est parti d’une lassitude d’écrire en anglais. J’avais l’impression de remplir les cases d’un truc un peu automatique. »

    Et t’en as fait quoi?

    J’ai fini par la jeter. Enfin, ma copine l’a brûlé.

    C’est ce que raconte ton album ?

    Il raconte le célibat. Le fait d’être tout seul chez toi, de morfler un peu au début, de trouver un certain apaisement à un moment, entrecoupé de moments où tu pètes un peu les plombs . Puis de retomber amoureux.

    Tu sors un nouvel album, donc il y a prescription sur les précédents. Tu peux enfin nous dire ce qu’il s’est passé avec les filles de « Cheesecake ».

    A quel niveau ? Sexuellement parlant, c’était une orgie. Même si c’est vrai qu’à la base l’idée, c’était d’essayer de trouver une copine dans le lot. Finalement, c’était plutôt des rapports amicaux. Je ne dirais rien !

    Quelle est la question qu’on t’a jamais posé et à laquelle t’aimerais répondre ?

    Heuuuu… Je peux te dire qu’il y a un truc qui me déprime, c’est les restaurants bio. Je tiens vraiment à le dire. Si j’avais de l’argent, je monterai une chaîne de resto gras, mais de qualité. Je n’aime pas les cuisines radines, ça me déprime. J’aimerais manger des bagels avec de la cream cheese qui déborde !

    L’album Cheesecake? « Sexuellement parlant, c’était une orgie. »

    Séverin sur MySpace

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