En ce moment

    15/10/2014

    Le DJ compose sa bande de filles

    La playlist « Girl Power » de Para One

    Par Thibaud Delavigne

    L'ex producteur de TTC, Para One, signe la BO de « Bande de Filles », le dernier film de Céline Sciamma. L’occasion de causer des DJettes qui l’ont inspiré, mais aussi de Nicki Minaj et Beyoncé.

    Paris 11e – Rue de la Folie-Méricourt. Au fond d’une cour intérieure, une pièce aux murs recouverts de laine de verre. Para One nous reçoit dans son studio d’enregistrement. 10 ans après TTC, le DJ est un producteur installé qui se permet de bosser pour le cinoche. Aujourd’hui, il signe la BO du film Bande de filles, réalisé par sa pote Céline Sciamma. « Un film féminin et féministe » dixit la réalisatrice de Tomboy et La naissance des pieuvres.

    Pourtant en 2004, son groupe TTC au top du hip-hop sort « Girlfriend », un tube macho-fun qui énerve un poil les féministes. « Faut prendre ça au 15ème degré » nous certifie Jean-Baptiste (son vrai prénom). D’ailleurs à l’époque, les Putes à frange avaient même envie de faire une reprise féministe du titre. Le projet est avorté. « C’est con, on voulait en faire un maxi… » se marre JB, en tirant sur sa clope électronique. « Il y a tellement de productrices brillantes ! », assure Para One. L’occasion de lui demander son top 5 des bandes de filles dans l’électro.

    1 %(upper)Miss Kittin & the Hacker %

    « Quand Frank Sinitra est sorti, avec Tacteel de TTC, on était fascinés par ce titre. Grâce à Miss Kittin, on s’est senti moins seuls. Y’avait enfin un pont entre Detroit et Berlin. On a même fait un remix, un bootleg pas un truc officiel. Pour moi, c’était une découverte de la richesse de la musique électronique, c’est le moment où j’ai commencé à en faire. »

    2 Les filles du Pulp

    « Y’a eu quelques années où je suis allé un peu traîner au Pulp, et c’est un truc qui m’a marqué. J’ai toujours eu l’impression qu’il y avait plein de filles dans l’électro, et c’est à cause d’elles que j’ai eu cette impression-là. Elles ont réveillé la fête à Paris. C’est une vraie bande de filles qui a marqué la musique. Et puis j’adorais la façon de mixer de Jennifer Cardini ou Chloé Thévenin. »

    3 %(upper)DJ Heidi %

    « Je la connais parce qu’on a joué ensemble plusieurs fois. Et elle m’a impressionné. Je me souviens notamment d’une fête à Miami et j’ai kiffé ce qu’elle a joué. Sa musique et sa façon de mixer montrent que c’est une personnalité forte. Et techniquement, elle est balèze. »

    4 %(upper)Ellen Allien %

    « Je l’ai admirée comme DJ et pour son travail avec Bpitch Control. C’est elle qui m’a mis le pied à l’étrier en nous demandant un remix à Tacteel et à moi. Puis elle m’a invitée à Berlin, et m’a fait jouer mon premier live solo à la We Love 2005 de Paris, qui lui était consacrée… Elle a cru en moi assez tôt et c’est une amie. »

    5 Et puis il y a Beyoncé …

    « C’est un personnage qui m’angoisse énormément. On ne comprend rien à ce qu’elle dit. Elle ouvre quand même pas mal sa gueule dans ses chansons mais tout est contradictoire. Y’a des titres qui sont des hymnes au mariage puis le lendemain, elle est féministe. Le surlendemain, elle veut se faire taper par son mec parce que ça l’excite. C’est confus quoi. A la différence d’une Nicki Minaj qui est une icône de vulgarité mais qui mène sa barque. On peut ne pas être d’accord mais c’est cohérent et finalement assez drôle. »

    Cet article est à prix libre. Pour continuer la lecture, vous pouvez faire un don.

    StreetPress est un média indépendant qui repose sur les dons de ses lecteurs et lectrices. Pour bien finir l’année, aidez-nous à atteindre les 100 000 euros avant le 11 décembre. En savoir plus →

    Après déduction fiscale, un don de 30€ vous reviendra à 10€.

    Soutenir Streetpress Je fais un don
    mode payements
    Le journalisme de qualité coûte cher. Nous avons besoin de vous.

    Nous pensons que l’information doit être accessible à chacun, quel que soient ses moyens. C’est pourquoi StreetPress est et restera gratuit. Mais produire une information de qualité prend du temps et coûte cher. StreetPress, c'est une équipe de 13 journalistes permanents, auxquels s'ajoute plusieurs dizaines de pigistes, photographes et illustrateurs.
    Soutenez StreetPress, faites un don à partir de 1 euro 💪🙏

    Je soutiens StreetPress  
    mode payements

    NE MANQUEZ RIEN DE STREETPRESS,
    ABONNEZ-VOUS À NOTRE NEWSLETTER