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    22 / 04 / 2016

    Lionel, 63 ans, squatte les plateaux de Nagui et les dégustations de Saint-Jacques

    Les 5 conseils d'un retraité pour manger, boire et sortir à l'oeil

    Par Quentin Le Palud

    Lionel a 63 piges et est à la retraite. Le bougre a décidé de kiffer sa vie en profitant d’un max de bons plans gratos. A StreetPress il raconte ses aprem’ sur le plateau de Nagui, ses dégustations de coquilles St Jacques et ses plans « critique ciné ».

    Paris 9e, 11h30 - Lionel sort d’une dégustation de coquilles Saint Jacques. On s’attable à un troquet de la rue Cadet. Pour occuper sa retraite, Lionel, 63 ans, a pris l’habitude de participer à tout ce que la capitale peut lui offrir de « bons plans ». Et l’ancien barman ratisse large : plateaux télé, avant-premières, bouffe dans les labos et test de produits cosmétiques avant leurs commercialisations. A StreetPress, il détaille ses bons plans.

    1Squatter les plateaux de télé

    Depuis 4 ans Lionel a assisté à presque toutes les émissions à succès du PAF. En 2011, tout jeune retraité, il se laisse convaincre par une amie d’assister à On ne demande qu’à en rire, l’émission comique de Laurent Ruquier. Convaincu, il s’embarque dans On n’est pas couché. Grosse erreur : l’émission est trop longue et pas très marrante, il s’ennuie ferme. En 5 ans, il a squatté les gradins de plus d’une centaine de shows et rencontré pas mal de peoples :

    « Je suis attiré par les artistes, les stars. J’adore les voir en vrai, comme Serge Lama, Charles Aznavour ou Gérard Lanvin. »

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    Nagui, matin, midi et soir! / Crédits : Quentin Le Palud

    Lionel a aussi une véritable passion pour les émissions de Nagui. Il ne loupe aucun enregistrement de N’oubliez pas les paroles et Tout le monde veut prendre sa place. Pourtant en 3 ans, il n’a véritablement adressé la parole à l’animateur qu’une fois :

    « Les toilettes réservés au public étaient bouchés, alors ils m’ont fait passer en loge. Et là je tombe nez à nez avec Nagui. J’étais assez gêné, je lui ai juste demandé le chemin des WC. »

    Mais l’univers de la télé est sans pitié, même côté spectateurs. « Personne ne veut aller boire un verre à la sortie. Les gens se disent à peine bonjour. Ils viennent juste pour passer à la télé. Certains ramènent des cadeaux pour celui qui nous place », assure Lionel. Des paquets de clopes offerts dans l’espoir d’obtenir un fauteuil dans le champ de la caméra.

    2Manger à l’œil

    Pour se remplir le bide, Lionel a aussi ses bons plans. Plusieurs labos parisiens proposent de goûter les produits avant commercialisation. Dans le petit monde de la dégustation commerciale, Lionel est connu comme le loup blanc. Ce sont les boîtes de tests qui le contactent, pour qu’il ramène sa fourchette.

    Arrivé dans leurs locaux, il prend place dans un petit box, derrière un ordinateur. Par une petite trappe, on lui file le produit à déguster. Une fois « la préparation » engloutie, il remplit un questionnaire de satisfaction. « LA période à ne pas manquer est avant les fêtes de fin d’année où saumon, truite, chaperon ou champagne sont au menu », précise Lionel.

    Quand il n’a pas de dégustation programmée, Lionel va faire un tour rue Caumartin. Au menu, sushis et jus d’orange :

    « 3 immeubles proposent des tests dans la même rue. Il y a des hôtesses qui sont sur place et proposent des échantillons. Elles nous demandent juste notre avis, ça prend une demi-heure. »

    3Tester les cosmétiques

    Les produits de beauté passent aussi dans le radar de Lionel. Les tests se déroulent sur le même principe que les dégustations. Plusieurs échantillons, sans distinction sont présentés. Il faut ensuite donner son avis et évaluer. Malheureusement pour lui il n’a pas tout à fait le profil recherché et n’est pas souvent appelé. Résigné, il explique :

    « Ils veulent des jeunes avec des barbes ou des gens aux cheveux longs. Les femmes aussi sont avantagées avec tous les produits cosmétiques ou les teintures pour cheveux »

    Dommage ! Les séances de tests de produits cosmétiques sont celles qui payent le mieux. Pour son dernier essai de parfum, Lionel a empoché 40 euros.

    4Jouer au critique ciné

    Lionel, aime aussi le théâtre

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    Pour occuper ses aprem’, Lionel n’est pas contre une bonne toile… gratos ! Plusieurs mois avant la sortie en salle, les boîtes de productions diffusent les films devant un panel de spectateurs. Lionel, toujours dans les bons coups, ne loupe pas une occase. Muni d’une feuille, il doit évaluer les jeux d’acteurs, les sons et lumières et attribuer une note finale. Son dernier coup de cœur : La Vache avec Jamel Debouzze et Lambert Wilson :

    « Un très beau film, j’avais mis 9 sur 10. »

    Quand il n’a pas de « plan critique », Lionel se dégote une invit’ pour une avant-première ou une pièce de théâtre. Le deal est simple : il accepte d’assister à une émission télé en galère de public et en échange on lui refile deux places. Coup double pour Lionel !

    5Acheter son électro-ménager en bons d’achats

    Avec 1.200 balles de pension par mois, et pas de gros besoins, Lionel n’est pas vraiment en galère de thunes. Mais ses passages télés et ses dégustations commerciales arrondissent ses fins de mois :

    « Par exemple, 2 heures de Nagui, c’est payé 10 euros en bon d’achat. Ou 20 euros pour toute la journée. »

    Au rythme de 3 émissions par semaine, Lionel se constitue un petit pactole, à rendre jaloux une ménagère. Des coupons qu’il utilise parfois pour faire ses courses, mais surtout pour garnir son intérieur :

    « J’ai pu m’offrir un micro-ondes, un portable, une chaîne Hifi pour ma salle de bain et le top c’est un four qui coûtait 130 euros. »

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    La semaine s'annonce chargée! / Crédits : Quentin Le Palud

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