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    29 / 06 / 2016

    « C’est un vrai phénomène de société », confirme l’entreprise

    Pénurie d'Uber pendant le ramadan

    Par Inès Belgacem , Pierre Gautheron

    Pendant le Ramadan, attendez-vous à galérer pour choper un Uber. De nombreux chauffeurs présents sur l’application mobile arrêtent leur service autour de 21h30 pour rompre le jeûne.

    Céline n’est pas vraiment branchée football. Ce soir, la France joue et la jeune femme préfère rendre visite à des amis. Dans le Uber qui l’y emmène, le chauffeur lui glisse qu’il est « préférable de rentrer avant la fin du match » si elle compte repasser par l’app :

    « Je pensais que c’était à cause de l’Euro, mais pas que. Il m’a expliqué que pendant le Ramadan, il y avait beaucoup moins de chauffeurs disponibles. »

    Dans la même soirée, un second conducteur confirme l’info à Céline. « Et effectivement, sur la carte de l’application, il y avait très peu de voitures disponibles dans mon périmètre autour de 22h30. » Une pénurie de chauffeurs Uber pendant le Ramadan ? L’entreprise s’étonne même que personne n’en ai parlé plus tôt :

    « C’est un vrai phénomène de société ! »

    Déconnexion à 21h30

    Uber constate chaque année une baisse du nombre de ses chauffeurs à partir de 21h30 en période de Ramadan, un peu partout en France. Au coucher du soleil, les chauffeurs musulmans rentrent manger. L’app’ n’en fait aucun mystère :

    « Sans faire de statistiques ethniques, une bonne partie des chauffeurs qui travaillent avec nous vient de banlieue. Beaucoup sont d’origines maghrébines et potentiellement de religion musulmane. »

    « Dans les faits, on peut se connecter ou se déconnecter de l’app quand on veut », explique Mehdi*, 27 ans, patron d’une société de transport qui collabore avec Uber, chauffeur et muslim.

    Journée type

    Mehdi fait le Ramadan, comme plusieurs autres conducteurs qu’il emploie. Selon lui, il existe différents modèles de journée :

    « Moi je préfère me lever tôt le matin pour manger, puis aller travailler. Je me connecte vers 4h30 et travaille jusque 10h30, avant d’aller faire une sieste. Je reprend le service de 17h à 21h30, jusqu’au coucher du soleil en gros. »

    D’autres préfèrent travailler la nuit et dormir le jour. « Mais tout le monde rentre manger autour de 21h30 ! » D’où la pénurie de Uber en soirée.

    Hausse des tarifs

    Résultat : des prix plus élevés pour les usagers. En effet, Uber fait grimper les tarifs en cas de forte affluence ou de pénurie de véhicules. Ainsi le tarif de la course de Céline a presque été multiplié par deux ce fameux soir de match. A Mehdi d’ajouter :

    « La situation profite en tout cas aux chauffeurs qui ne font pas le Ramadan. Il y a plus de travail et c’est mieux payé. Je comprends que ça donne envie de charbonner ! »

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