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    14 / 09 / 2016

    Au programme boxe thaï, bières et marketing

    Les Identitaires ouvrent un local associatif en plein centre de Lille

    Par Robin D'Angelo

    En plein centre de Lille, les Identitaires ouvrent un local. Il doit accueillir conférences, cours de boxe thaï et une permanence juridique à destination des SDF « uniquement français ». Aux manettes, Aurélien Verhassel, un pro de la com’.

    « Nous sommes installés dans un bâtiment classé, à moins de 300 mètres de la Grand’ Place de Lille », se réjouit Aurélien Verhassel, responsable de la section du Nord de Génération Identitaire. Samedi 24 septembre, le groupuscule d’extrême droite inaugure un local associatif au cœur de la vieille ville. Baptisée La Citadelle, cette « maison identitaire » est décorée comme un estaminet. Elle doit accueillir des conférences, des soirées ou des cours de boxe thaï. « Il y aura aussi une permanence juridique à destination des SDF », ajoute Aurélien. Et de préciser :

    « Bien sûr, nous aiderons uniquement les Français. Les clandestins doivent être renvoyés chez eux. Ça tombe sous le sens. »

    Génération Identitaire en pleine bourre

    Branche jeune du Bloc Identitaire, Génération Identitaire appelle de ses vœux à une « remigration ». C’est-à-dire déporter les Français d’ascendance étrangère vers le pays d’origine de leurs parents. Depuis ces dernières années, le mouvement multiplie les coups médiatiques dans la région Hauts-de-France. En mars 2014, ils organisaient des « tournées de sécurisation anti-racailles » dans le métro lillois, vêtus de chasubles jaune fluo. Le 29 août 2015 – quelques jours après l’attentat manqué du Thalys – ils grimpaient sur le toit de la gare d’Arras pour déployer une banderole « Expulsons les islamistes ». Puis le 12 mars 2016, une centaine d’entre eux occupait des routes à Calais pour empêcher des migrants d’accéder à la ville.

    Aurélien Verhassel vante le dynamisme de sa section nordiste. Il estime à 300 le nombre de ses sympathisants :

    « Notre développement est exponentiel. Après chaque action, on recrute des dizaines de personnes. Tout va dans notre sens. Les idées que nous portons depuis 10 ans sont dans toutes les têtes, à tel point que Sarkozy nous pompe complétement. »

    A la ville, le jeune homme de 31 est consultant en com’ politique. Il assure qu’il compte parmi ses clients « des élus à l’aile droite des Républicains » et qu’il entretient des liens avec les jeunes UMP. « Les barrières tombent », se gargarise-t-il.

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    / / Crédits : DR

    Des tentatives qui ont fait plouf

    L’ouverture d’un local associatif est une nouvelle étape dans le développement du mouvement à Lille. « Nous devons montrer que nous ne sommes pas que sur les réseaux sociaux. La population doit pouvoir nous rencontrer et mettre des visages sur nos idées », poursuit Verhassel. Le local de 40 mètres carrés a vocation à exalter l’identité flamande et artoise. Sa situation en plein centre-ville de Lille doit lui permettre « de rayonner » dans toute la région, selon les mots de son fondateur.

    Mais rien n’est gagné pour les identitaires. Par le passé, le groupuscule a ouvert des « maisons identitaires » à Rennes, Paris, Toulouse ou Nice. Des initiatives qui ont fait long feu. Seul leur local de Lyon, La Traboule, semble avoir survécu. Lille a déjà connu une tentative de ce type avec La maison du peuple flamand, fondée par Claude Hermant, un ex-FN aujourd’hui en prison pour son implication dans une affaire de trafic d’armes liée à l’attentat de l’Hypercasher et Charlie Hebdo. Elle a duré à peine 4 ans. Verhassel prend ses distances avec l’initiative de son prédécesseur. « La Citadelle n’a rien à voir avec La maison du peuple flamand. D’ailleurs, je n’ai jamais mis les pieds là-bas », assure-t-il. Nouveau visage, même combat, jugent en substance les antifas Lillois. L’Action antifasciste Nord-Pas-de-Calais appelle donc à manifester le jour de l’ouverture de La Citadelle.

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