En ce moment

    24 / 01 / 2017

    Tu vis dans un HLM pourri ? Voici comment faire raquer ton bailleur

    Par Yacine Hilmi , Aladine Zaïane

    Vous saviez que si l’ascenseur est en panne, le bailleur doit faire porter les courses ? Yacine, président d’une amicale de locataires nous donne tous les tips pour faire respecter vos droits.

    Je préside depuis 5 ans l’Amicale des locataires de mon quartier, à Sevran.

    Il y a deux ans on a eu une absence de chauffage pendant un mois. On a fait une pétition, des courriers recommandés. Suite à ça, on a été reçus par le bailleur. Cette mobilisation a payé : On a eu des radiateurs électriques dont la consommation était prise en charge par le prestataire, car il n’avait pas fait la maintenance.

    Et les fenêtres ont été changées dans la foulée en plus des radiateurs.

    1. Arrêtez de réclamer verbalement

    Regroupez-vous en collectif de locataires et formulez tout par écrit. Les réclamations verbales sont classées sans suite, car il n’y a pas de traces. Alors qu’avec 100 personnes regroupées en association et qui réclament par mail ou courrier la même chose, ça a beaucoup plus d’impact.

    2. Réclamez une solution de remplacement pendant les travaux

    C’est dans votre contrat de bail : Quand il y a des pannes, le bailleur doit mettre en place des alternatives. Ce qu’ils ne font pas forcément. Par exemple pour les pannes de chauffage, ils doivent mettre à disposition des locataires, des radiateurs individuels pour les logements et prendre en charge une partie des dépenses liées à la consommation des radiateurs.


    « Pour les pannes de chauffage, ils doivent mettre à disposition des locataires, des radiateurs individuels »

    Yacine Hilmi, président de l’amicale des locataires

    3. Si l’ascenseur ne fonctionne pas, le bailleur doit vous monter les courses

    Il y a des problèmes d’ascenseur ? Le bailleur ou son prestataire doit mettre en place un système de portage en début de journée et fin d’après-midi. C’est contractuel.

    Ça ne coûte quasi rien au bailleur, mais ça change la vie de la mamie qui va faire ses courses et de la maman qui a des jumeaux dans une poussette. Sans parler de vos packs d’eaux!

    Souvent les prestataires en charge des ascenseurs essaient d’esquiver cette responsabilité. Mais si une association de locataires soudés leur envoie un courrier recommandé demandant ce système de portage, ils devront le mettre en place.

    4. Surveillez vos factures

    Contrôlez vos relevés de charges ! Vérifiez que tout ce qu’on fait payer correspond au service. Si vous montez une asso, affiliez-vous à une fédération comme la CGL. La CGL va vous mettre à dispo un juriste qui fait les contrôles de charges.
    Par exemple, le juriste regardera en détail les tâches à la charge du gardien. En fonction de ça, ils pourront vous dire quelle part de son salaire revient au bailleur et aux locataires.

    5. foutez la paix aux gardiens, ils ne sont qu’un relais

    Pour contrôler les charges venir rouspéter sur votre gardien ne changera rien. D’ailleurs quel que soit le souci, pas la peine de vous en prendre à lui. Il est l’intermédiaire entre les locataires et le bailleur. Rien de plus. Il fait remonter les informations et ça s’arrête là. Il n’a pas le pouvoir direct de réparer un dégât des eaux ou encore de faire fonctionner les chauffages.

    En fait, ce sont les directions de ces bailleurs qui ne sont pas assez réactives. En plus, il y a des prestataires différents pour chaque truc : le chauffage, la plomberie, l’électricité… le temps qu’un problème leur remonte, qu’il fasse un état des lieux, un devis, qu’ils négocient… il y a déjà plusieurs semaines qui se sont écoulées.

    Mais maintenant vous avez quelques trucs pour vous faire entendre et on doit tous s’organiser en association pour améliorer nos conditions de vie !

    Bougez-vous et vous gagnerez des sous !

    On a choisi de faire bouger les lignes. Vous validez ?

    Depuis plus de 10 ans, nous assumons un regard et des engagements. Aujourd’hui, notre mission c’est d’avoir de l’impact. Particulièrement dans la crise actuelle, où les premiers à morfler sont les plus fragiles. Face à la pandémie, au confinement et à la crise économique qui l'accompagne, nous croyons encore plus à la nécessité de ce travail.

    Forcer le ministre de l’Intérieur à saisir la justice en mettant au jour les messages racistes échangés par des milliers de policiers sur des groupes Facebook. Provoquer une enquête de justice suite à la révélation d’un système de maltraitance et de racisme dans les cellules du tribunal de Paris. Contraindre Franprix à cesser l’usage quasi illégal d'auto entrepreneurs durant le confinement...

    Nous recevons de plus en plus de pistes sur des sujets brûlants, mais nous manquons encore de moyens pour tout couvrir. L’idée n’est pas de se faire racheter par un milliardaire. Mais simplement de pouvoir faire appel à du renfort, lorsqu’un sujet le nécessite.

    Pour que cela continue, malgré la crise, nous avons sincèrement besoin de votre soutien.

    StreetPress doit réunir au moins 27.000€, avant le 4 décembre.
    Soutenez un média d’impact qui fait bouger les lignes.

    Je soutiens StreetPress  
    mode payements

    NE MANQUEZ RIEN DE STREETPRESS,
    ABONNEZ-VOUS À NOTRE NEWSLETTER