Kurt Cobain ressuscité en roman

Bons plans | jusqu'au 11/03/2017

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Rape me, Dumb, All apologies… Avec ses paroles sulfureuses, on s’est déjà tous demandé ce que Kurt Cobain pouvait bien avoir dans la tête. Laurent-David Samama a poussé le délire un peu plus loin, en écrivant son premier roman sur Kurt et ses pensées névrosées. Et si l’idole grunge aux gilets troués s’était confié à une caméra avant sa mort tragique? Qu’aurait-il dit ? Que nous aurait-il avoué ?

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D’ailleurs l’auteur, Laurent-David Samama, s’est confié lui aussi (l’avantage étant qu’il est toujours vivant, lui):



Comment t’es venu l’idée d’écrire sur Kurt Cobain ?

Tout est né d’une rencontre avec Lisa Liautaud, mon éditrice. Une fille furieusement rock and roll qui avait lu ce que j’écrivais aux Inrocks et à Rolling Stone. Nous nous sommes réunis à trois, avec Amanda Sthers, qui dirige la collection Miroir chez Plon. Le nom de Cobain s’est vite imposé. Il incarne un destin hors-norme, ultra romanesque, représente un des derniers mythes du rock. Sa trajectoire est météorique. En tout et pour tout, Nirvana c’est trois albums studio et trois albums live. Soit un éclair dans l’histoire de la musique. Et c’est justement cette irruption soudaine que j’avais envie de raconter.

Tu devais être très jeune lorsqu’il est mort, que représentait-il pour toi à l’époque ? Avais-tu envie de le ressusciter en écrivant ce livre ?

J’étais très jeune lorsque Nirvana a émergé. J’avais quatre ans, pas plus. Mes premiers souvenirs de Nirvana viennent donc plus tard, à l’adolescence. Et là, dès la première écoute, tout explose ! Dans sa manière de faire de la musique, Cobain est jusqu’au-boutiste. On aime bien ça à 15 ans. Ça s’impose. Dans “Kurt”, je raconte les modalités de ce cri de rage expulsé comme une catharsis. Mais aussi l’envers du décor : la souffrance quasi-christique du personnage, la poésie et le romantisme de la démarche de l’artiste. Sa finesse. Plutôt qu’une envie de ressusciter l’homme, j’avais surtout envie de faire revivre ses idées. Il faut situer Cobain: il appartient au mouvement grunge dont il était la figure emblématique et l’incarnation la plus radicale. Le grunge, c’est cette saleté qu’on a sous les ongles, celle qui s’infiltre, la petite crasse mesquine. Dans la grande histoire de la musique, le grunge appartient au post-punk. C’est sombre et désespéré mais également très politisé. Kurt Cobain était à la fois progressiste, féministe, fervent militant du gun control, antiraciste et pro-LGBT. Une sorte de montagne d’engagements dans l’Amérique de Reagan puis de Bush senior. Par les temps que nous vivons – ceux de Trump, du Brexit, de la montée des populismes – ressusciter ses idéaux a sûrement du sens…

Qu’est-ce que tu lui dirais si tu l’avais devant toi ? Que crois-tu qu’il penserait de ton roman ?

Bonne question ! Je ne lui demanderais pas s’il est heureux, ce serait un peu niais et hypocrite mais plutôt s’il est fier de sa postérité. Aujourd’hui, Nirvana est partout. Sa musique se vend encore très bien. Son influence est incontestable. Mais en même temps, le grunge a été vidé de sa substance. L’esthétique de Cobain a été récupérée par la mode et la publicité. Dans ce livre, j’ai essayé de lui rendre justice. D’expliquer la logique de son art, ses influences, son message profond. De là à savoir ce qu’il en penserait…