L'âge d'or du graffiti toulousain en photo

L'âge d'or du graffiti toulousain en photo

Oliver Gal raconte l’histoire de la Truskool, le crew phare de la ville rose

Spray | News | par | 17 Mars 2017

L'âge d'or du graffiti toulousain en photo

Avec son livre Truskool, Une histoire du graffiti à Toulouse, Olivier Gal raconte l'âge d'or du graffiti de la ville rose à travers l'un de ses crews phares. « L’histoire d’une bande de potes qui a fait des trucs de dingues à partir de rien. »

« Je suis un auteur de circonstances », ironise Olivier Gal quand StreetPress lui passe un coup de fil. L’ancien galeriste, fana de graffiti, a publié une sacré bouquin en mai dernier. Avec Truskool, Une histoire du graffiti à Toulouse, l’homme raconte 30 piges de graff dans la ville rose par l’entremise d’un de ses crews les plus connus. Des balbutiements jusqu’à la reconnaissance de la scène toulousaine par ses glorieux aînés américains :

« La Truskool, c’est le groupe qui a fait parler de la ville dans les années 1990. »

Pour raconter cette histoire, l’homme s’est tout d’abord appuyé sur les témoignages des membres de ce collectif culte, qu’il a longuement interviewés. Avant de s’échiner à récupérer des photos d’époque :

« J’ai même exhumé des boîtes entières de négatifs. Je les ai développé pour l’occasion. »

Le résultat ? 300 pages d’anecdotes, de photos iconiques et un portrait fourni de cette génération dorée. De Tilt à Cee-T en passant par Der et 2Pon. Pour StreetPress, il commente certains des clichés les plus iconiques du bouquin.


Truskool voiture
Le péril jeune / Crédits : DR

On est en 1992, dans un terrain vague à Toulouse. Au volant on retrouve Tober, entouré de Tilt qui lève le bras, et de 2pon et Der qui sont sur la banquette. Cette photo représente bien l’esprit du graffiti toulousain : cette bande de jeunes copains branleurs, qui rêvaient de quelque chose, ça respire la légèreté…

Sur cette photo il n’y a pas de graffiti et à la fois ça raconte tout. Cela dit : on va vous raconter l’histoire d’une bande de pote qui a fait des trucs de dingues à partir de rien.

Truskool toulouse
Oh Toooooulooouse ! / Crédits : DR

Cette photo a été prise en 1987. C’est le premier graffiti qui a été peint à Toulouse, aux abords de la gare, sur les voix ferrés. C’est l’oeuvre de Mosquito, l’un des premiers graffeurs toulousains. A cette époque, Mosquito rentre d’un séjour à Hossegor. Là-bas, il a rencontré les mecs de la Force Alphabétique, un groupe de graffiti parisien. C’est avec eux qu’il découvre le graff. De retour à Toulouse, il s’achète trois bombes et se rend sur les voix ferrés.

En plus d’être iconique, cette photo est assez drôle. Dans le bouquin, je dis que c’est Mosquito au premier plan mais ce n’est pas le cas. Cela doit être un cheminot qui est passé par là.

Truskool team
Une bande de mecs (et de filles) sympa / Crédits : DR

Cette photo a été prise dans le quartier Arnaud Bernard. Au début des années 1990, c’est le quartier populaire où converge tous les jeunes qui découvrent le hip-hop. C’est bourré de terrains vagues et c’est là où les gens se retrouvent : des breakers, des graffeurs et des rappeurs.

Cette photo date de 1991. Et on y voit pas mal de gens qui seront des figures du graffiti toulousain quelques années plus tard. En haut, tu as les trois membres phares de la Truskool : de gauche à droite Der, Cee-T et Tilt. A cette époque, le groupe n’existe pas encore. En bas à gauche, c’est Miss Van. Elle fait déjà partie de cette bande. Toute à droite, on retrouve Tober, un autre membre du groupe.

Truskool Soune
Un sourire Colgate / Crédits : DR

On est en 1994, c’est juste avant de la naissance de la Truskool. Le groupe est déjà constitué mais le nom n’existe pas encore. Au premier plan, on retrouve Soune l’un des membres du crew. Avec d’autres graffeurs, ils peignent un mur sous un pont qui enjambe la Garonne. Autour de lui, deux policiers n’ont pas du tout l’air inquiet de ce qui se passe.

Cette photo, elle est intéressante parce qu’elle montre la tolérance de la ville de Toulouse et de la police pour le graffiti à l’époque. On est loin de ce qui se passe à Paris où le graffiti était une discipline vénère. Toulouse était une ville très en retard dans la construction des infrastructures. Le graffiti, c’était un peu le cadet de leurs soucis.

Truskool train
Allez, viens ! / Crédits : DR

Cette photo a été prise dans un dépôt à Sète. Les Toulousains allaient beaucoup à Sète à cette époque, parce que c’est le plus gros dépôt de train du sud de la France. C’était un peu leur New York à eux.

Sous le train, on voit Tilt, l’auteur du graff. Cette photo illustre bien la grosse activité de train qu’il y avait à Toulouse. A l’époque Tilt, 20 ans et c’est déjà un graffeur important.

Truskool centre-ville
Tombez la chemise / Crédits : DR

On est en dans le centre-ville de Toulouse, en 1996. Cee-T, l’un des graffeurs de la Truskool, est en train de peindre. Souvent, les membres de la Truskool peignaient dans la vieille ville, en plein après-midi, sans autorisation. Et personne ne venait les emmerder. Les rares fois où ils ont eu des problèmes avec la police, ça a été vite réglé : sur eux ils avaient de fausses autorisations de peindre. Ils prétextaient que c’était une commande.

Il faut dire qu’ils bénéficiaient de la bonne réputation du graffiti à Toulouse, notamment grâce aux artistes comme Kat ou Miss Van. Pour la petite histoire, ce sont elles qui les premières se sont mises à peindre en pleine après-midi au pinceau dans les rues de Toulouse. Et l’accueil de la population était plutôt bon. A cette époque, des graffitis il y en avait partout à Toulouse. Cela devait même être le centre-ville le plus défoncé de France.

Truskool fresque
Freddy Kruger / Crédits : DR

Cette fresque est importante parce que c’est certainement l’une des plus connus de l’histoire de la Truskool. Elle a été peinte en 1997. Elle a fait le tour de l’Europe. Pour beaucoup de graffeurs, ça a été une beigne absolue.

C’est à ce moment que les mecs de la Truskool décident de passer pro dans le graffiti. A cette époque, ils ne font que ça et ils se mettent à faire des plans payés. Dans les mois qui ont suivi la réalisation de cette fresque, ils ont même été sponsorisé par Adidas pour faire deux tournées aux Etats-Unis.

Truskool NYC
Photocall / Crédits : DR

On est en 1999 ou en 2000. Deux groupes assez importants du graffiti français voyagent ensemble à New York : d’un côté les MAC, un crew parisien et de l’autre la Truskool. Ces deux groupes se ressemblaient beaucoup. Tous les deux pratiquaient un graffiti assez collectif, faisaient de grandes fresques. Cette photo symbolisent bien leur rapprochement. Ils ont même crée un groupe dédié, la TRUMAC.

C’est à l’occasion de ce séjour que les deux groupes entérinent leur rapprochement avec des graffeurs américains comme Cope2 ou Ink76. Une grande famille franco-américaine se crée. C’est un voyage qui a fait l’objet d’un docu qui s’appelle TRUMAC qui suit cette aventure là. Pour la Truskool, les liens avec ces deux légendes datent de 1994 quand Tilt se rend seul à New York. Ils se retrouvent à New York avec leurs idoles et nouent des liens forts.

Truskool famille
Une équipe plus performante que le Téfécé / Crédits : DR

On est en 2001 à Toulouse. Tous les membres de la Truskool, les MAC, l’artiste Fafi et plein d’autres sont réunis pour l’anniversaire du groupe. Plusieurs américains ont même fait le déplacement : Cope2, Tkid, Ink76. Les toulousains ont dégoté un spot caché et vaste pour que tout le monde puisse peindre.

Cette photo, c’est une photo de famille. Pour la petite histoire, les américains comme Cope2 ou Tkid sont venus à Toulouse avant de venir à Paris. Pour les parisiens, c’était difficile à comprendre.


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