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    02 / 03 / 2011

    Le jeune rappeur breton arrivera t-il à prendre la capitale ?

    Kenyon: « Le hip-hop rennais est connu nulle part ailleurs que dans la ville »

    Par Samba Doucouré

    Rap, ragga, dancehall, R n'B, fast style … tu en as marre de changer d'album pour écouter tes styles préférés ? Kenyon, jeune rappeur qui décolle à coup de premières parties et de tremplins, fait de tout. Et parfois dans un même morceau.

    Alors comme ça Kenyon, Rennes est une ville hip hop ?

    Le Hip hop est très présent là-bas malgré ce qu’on peut penser. Beaucoup de groupes de chez moi me mettent des claques et m’impressionnent. Mais c’est un microcosme, c’est connu nul part ailleurs que dans la ville. Il y a toujours des retours positifs, notamment des premières parties, des gens qui viennent aux concerts ou des artistes reconnus qui s’y produisent.

    Tu penses que venir de province puisse être un avantage quand tu es un jeune rappeur ?

    Être de province est un avantage au niveau des scènes car c’est un peu moins embouteillé qu’une ville comme Paris ; trop de groupes, trop de demandes et trop de monde. Donc pouvoir faire tous les alentours de la province, Nantes, Rennes et toutes les villes à côté est un réel avantage même si la capitale est un passage obligatoire.

    Lorsque tu chante cela me fait penser à Blacko de Sniper, on te l’a déjà fait remarquer?

    On me le dit souvent, je comprend en même temps. Sniper c’est un groupe que j’ai beaucoup écouté. J’ai toujours aimé ces changements du ragga au hip-hop. J’appréciais quand un mec comme Blacko faisait ça ou alors les membres du Saïan Supa Crew. Ils font partie des gens qui ont influencé mon style c’est sur.

    Kenyon, qui es-tu ?

    Kenyon fait partie de cette nouvelle génération d’artistes qui est née en même temps que la culture Hip-hop. Après avoir suivi les précurseurs du mouvement ou imité les grands frères, c’est à leur tour de montrer leurs capacités. Ce jeune artiste originaire de Rennes, n’a que la vingtaine mais plusieurs cordes (vocales) à son arc : Rap / Ragga / Dancehall / R&B, il sait tout faire et compte bien le montrer. En 2008 il sort la mixtape « K le cas local » avant son premier album en 2011 « Soul Revolt »

    Parmi les morceaux chantés, il y a 1980. Tu nous en parles ?

    Je parle des pères de famille qui ont immigré pour se construire. Je parle notamment de mon père qui est venu du Congo pour faire ses études. C’est un morceau que j’avais envie de faire et qui parle je pense à beaucoup de monde. Quand j’ai entendu l’instrumental je me suis dit « ah tiens ça y est je l’ai! ». Souvent tu as des thèmes qui te trottent dans la tête et par hasard tu tombe sur la bonne prod.

    Ton album a t-il été produit en indépendant ou as-tu eu de l’aide d’un label ?

    Cet album-là a été auto produit mais je l’ai fait avec un sound system de chez nous qui s’appelle Legal Shot, qui est implanté au niveau national dans un milieu ragga/dancehall. C’est toujours de l’auto-prod mais j’étais plus appliqué parce que qu’il y avait une mini-demande locale donc on a mis un peu plus de moyens pour qu’il y ait un minimum d’exposition. On y retrouve des artistes de la scène nationale comme Taïro ou Dany Dan des Sages Poètes de la Rue. 

    Comment tu les as rencontrés ?

    C’était vraiment des concours de circonstances. Pour Taïro, il était de passage à Rennes pour un concert et il a enregistré dans les studios de Legal Shot justement. Ils savaient que je voulais faire un featuring avec un artiste de la scène reggae française. J’ai été, je lui ai fait écouter le riddim et il a apprécié. C’était la même chose pour Dany Dan qui est venu à Rennes pour une compilation. Je ne suis pas parti avec mon sac à dos à Paris en frappant aux portes, c’était du hasard et ce sont de très bons morceaux selon moi avec un très bon feeling musical.

    Kenyon, qui es-tu ?

    Kenyon fait partie de cette nouvelle génération d’artistes qui est née en même temps que la culture Hip-hop. Après avoir suivi les précurseurs du mouvement ou imité les grands frères, c’est à leur tour de montrer leurs capacités. Ce jeune artiste originaire de Rennes, n’a que la vingtaine mais plusieurs cordes (vocales) à son arc : Rap / Ragga / Dancehall / R&B, il sait tout faire et compte bien le montrer. En 2008 il sort la mixtape « K le cas local » avant son premier album en 2011 « Soul Revolt »

    Deux morceaux ont été mis en avant pour la promo de l’album, parmi eux Mille et un flows , peux-tu me parler du concept particulier de ce morceau ?

    Le concept de Mille et un flows c’est que je change de flow toutes les huit mesures. C’est-à-dire que je passe du rap au ragga, au dancehall, au RnB, au rap un peu fast style ou alors un peu plus pêchu. Le rap c’est quelque chose d’assez compétitif, j’avais l’envie d’être entendu, d’impressionner. Je savais que j’avais des cartes alors je me suis demandé comment les exploiter sur un morceau.

    Comment tu en es arrivé là ?

    C’est venu assez naturellement en fait, on faisait beaucoup de scènes et de freestyle et à un moment j’ai eu envie de faire mon truc, d’écrire mes propres textes parce que j’avais des choses à dire. J’ai sorti ma première mixtape « K le cas local », en 2007/2008 à l’échelle locale, et suite aux bons retours que j’ai eu dans ma ville, j’ai répondu à la demande si on veut et j’ai commencé à travailler sur mon album.

    Et puis les compétitions, c’est ça ?

    Suite à ça j’ai enchaîné avec les battles et les freestyles, parce qu’on est vachement adeptes de l’improvisation, et dernièrement j’ai fait des compétitions comme le End of the Weak (concours de freestyle dont la finale se tiendra en mai) ou le Buzz Booster que j’ai gagné aussi le 13 février. J’aime parce que ça te permet de savoir où tu en es artistiquement et de te comparer à ce que font les autres. Le Hip-hop est un milieu très compétitif, cela fait partie de sa culture et c’est un bon moyen  de mettre en œuvre ses capacités.

    Kenyon – 1000 et & flows

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