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    14 / 05 / 2012

    Zizanie chez les nationalistes avec l'arrivée au pouvoir du « golem » Hollande

    Le worst-of hebdo de la presse d'extrême droite

    Par Robin D'Angelo

    Rivarol va-t-il perdre tous ses lecteurs ? Depuis que des journalistes du titre ont pris position pour Sarkozy des courriers incendiaires arrivent à la rédaction. Elle serait « en position pour se faire prendre, la vaseline déjà préparée » ...

    L’article le plus « vote utile » est signé du chroniqueur vedette de Rivarol Hannibal qui se justifie d’avoir voté le 6 mai pour Nicolas Sarkozy – « un monsieur d’origine juive », contre François Hollande … un autre « monsieur d’origine juive »

    Pour le chroniqueur-star, « François Hollande est un golem produit par joint venture des mondialistes et des altermondalistes, un rejeton du bon vieux condominium Roosevelt-Staline. » Par conséquent « les FAF (Français à fond, ndlr) » ont « le droit et le devoir de défendre la France par tous les moyens, même légaux, et donc électoraux. » C’est-à-dire voter Nicolas Sarkozy.

    A ceux qui refuseraient le jeu démocratique par idéologie, Hannibal leur rappelle que voter ce n’est pas sale: « Le chancelier Hitler lui-même s’est aidé des élections. »

    François Hollande est un rejeton du bon vieux condominium Roosevelt-Staline

    Pour apprendre l’argot « des frangins » , c’était Minute qu’il fallait lire le mois dernier. Dans un article du 2 mai, « l’hebdomadaire politiquement incorrect » utilise le mot « black-boulée » pour décrire une sortie médiatique ratée de Geneviève de Fontnenay. L’ex-patronne des Miss France avait soutenu l’initiative du concours de beauté de Miss France Black. Une sortie qui avait fait plouf devant le tollé provoqué par le concours.

    Minute se félicite que « l’étrange personne aux bitos improbables » ait échoué à « sortir du pot-au-noir médiatique. » « La voilà black-boulée comme on dit chez les frangins. »

    Les articles les plus dégoûtés sont à lire dans le courrier des lecteurs de Rivarol du 4 mai. « Rivarol vendu à Sarkozy ! », « Je ne lirai plus jamais Rivarol », « Extrême droite en peau de lapin », les fidèles lecteurs de l’hebdo le plus à droite de l’échiquier se sentent cocufiés par leurs journalistes préférés (voir plus haut) qui ont appelé à voter Sarkozy au deuxième tour. Comme Sophie Lambert, dorénavant orpheline :

    « Lectrice assidue depuis longtemps de votre journal que je prends en kiosque, je vous signale que je n’achèterai plus Rivarol. Les pages en faveur de Nicolas Sarkozy m’ont totalement écoeurée. Quel manque de sens politique ! Je ne vois pas pourquoi je continuerai à vous lire. »

    Ou le plus radical P. Ducé :

    « Ces ‘‘purs et durs’‘ qui nous assuraient qu’ils ne donneraient pas une seule voix à Marine ‘‘complice du Système’‘, se mettent déjà en position pour se faire prendre par Sarkozy, ayant déjà préparé la vaseline pour avoir moins mal ! Lamentable et consternant ! »

    Le directeur de la publication Jérôme Bourbon se fend de plusieurs droits de réponse pour défendre sa street-credibility: « Si nous étions vendus à Sarkozy nous ne devrions pas faire face à deux procès et trois récquisitions judiciaires pour des articles d’Hervé Ryssen et de Vincent Reynouard. » L’honneur est sauf.

    Déjà en position pour se faire prendre par Sarkozy, ayant déjà préparé la vaseline pour avoir moins mal !

    [Couv’s] Les trois dernières couvertures de Minute

    L’article le plus cool est une nécrologie de René Rescinti de Says dans le numéro du 3 mai de l’Action Française, le canard des royalistes. Le journaliste Olivier Perceval raconte les grandes lignes « de la vie d’aventures dignes de romans les plus extraordinaires » de l’ancien camelot décédé le 17 avril.

    Des Kataeb (phalanges libanaise), commandées par Béchir Gémayel, à Bob Denard pour qui « il participa à de nombreuses missions », René Rescinti de Says s’est battu « sur presque tous les continents ». Avant de finir « ruiné », » dans « la semi-clandestinité », « recherché par la police et ses créanciers ». L’Action Française lève une pinte au Jason Bourne de l’extrême droite:

    « Néné a rejoint le paradis des Camelots, où il a dû être reçu avec une belle ovation. Garde nous une place là-haut mon camarade, nous avons encore quelques bières à vider ensemble. » Amen.

    Néné a rejoint le paradis des Camelots, où il a dû être reçu avec une belle ovation

    La meilleure analyse politique de la semaine est à lire dans l’hebdomadaire Minute daté du 9 mai. Dans l’article « Union des droites : Parviendront-ils à endiguer la vague rose ? » le journaliste Patrick Cousteau craint que « l’UMP patiente pour s’entre-déchirer ». D’abord parce qu’avec le score honorable de Nicolas Sarkozy, « le spectre de l’éclatement du parti présidentiel s’est soudain éloigné. » Et aussi parce Jean-François Copé « a choyé ses grognards qui [lui] apporteront vraisemblablement leur soutien dans la lutte contre Fillon. » L’hebdo rappelle que le secrétaire général de l’UMP a donné à la Droite Populaire « le statut de mouvement associé à l’UMP, avec un logo indépendant, une possibilité de trouver ses propres financements et une place incontournable dans l’appareil central ». Pas de quoi aller pleurer dans les bras du FN pour les radicaux de l’UMP.

    L’article le plus transparent est dans le numéro de l’entre-deux tours de Rivarol, « l’hebdomadaire de l’opposition nationale et européene », qui donne dans une liste les intentions de vote de leaders de la mouvance nationaliste. Ont voté pour Sarkozy Carl Lang , Bruno Gollnisch, Jacques Bompard, Hubert Savon du MNR, l’abbé Coiffet (confondateur la fraternité Saint-Pie X) ou encore l’abbé Guillaume de Tanouärn . Se sont abstenus: Alexandre Gabriac , Pierre Sidos, Yvan Benedetti de l’Oeuvre Française , le négationniste Vincent Reynouard et l’écrivain préféré de StreetPress Hervé Ryssen . Ont voté blanc ou nul : Jean-Yves Le Gallou, les Le Pen père et fille et Henry de Lesquen boss de Radio Courtoisie. Seul Philippe Ploncard d’Assac a voté François Hollande. Collabo !

    Le dessin de la semaine est en couverture du Rivarol du 11 mai. Signé Chard.

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