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    03/10/2012

    La prochaine fois que vous vous faîtes recaler, écrivez au maire de Paris

    Bertrand Delanoë : « Vous savez que les jeunes de Berlin veulent aller faire la fête à Paris ? »

    Par Robin D'Angelo

    2 ans après les États généraux de la nuit, Bertrand Delanoë répondait aux questions des riverains et des fêtards lors d'un compte-rendu de mandat consacré à la nuit. L'occas' de ne pas dire grand-chose et de renvoyer tout le monde dos-à-dos.

    Mairie du 4e (Paris) – « Pour moi le principal problème de la nuit à Paris, ce sont les SDF qui meurent pendant l’hiver. Alors vos questions sont respectables mais n’oubliez pas qu’il y a des gens qui crèvent la nuit ! » Prenez-ça, bande de sales gosses ! Bertrand Delanoë a trouvé la parade pour renvoyer dos-à-dos riverains ronchons et fêtards lors de son compte-rendu de mandat. Il en rajoute même une couche pour remettre à leur place les belligérants du soir :

    « Avez-vous pensé aussi quelques instants aux travailleurs de nuit ? »

    États Généraux de la nuit Mardi 2 octobre, la mairie de Paris organisait le traditionnel compte-rendu de mandat de Bertrand Delanoë. Thématique du soir : la nuit à Paris. « Garce », « malade », « folledingue » : les insultes ont fusé entre riverains en colère et fêtards dans la jolie salle des mariages de la mairie du 4e, bondée pour l’occasion comme le Showcase un samedi soir.

    La nuit à Paris : le sujet est bouillant avec, d’un côté, des habitants qui se plaignent des nuisances sonores et de l’autre, des proprios de bars qui regrettent une législation trop stricte qui « tue la nuit à Paris. » Il y a deux ans presque jour pour jour, la mairie de Paris avait d’ailleurs lancé ses « états généraux de la nuit » avec pour objectif « d’organiser le vivre-ensemble de ces différentes nuits. »

    Chaud, chaud, chaud … Au micro, une habitante du 13e arrondissement s’insurge : « Les terrasses flambent ! Les nuits sont épouvantables dans le quartier de la Butte-aux-Cailles ! » Une mamie en redingote rouge voudrait, elle, aborder « le problème des drogués. » Puis c’est la porte-parole de l’association de riverains « Accomplir » qui demande aux gérants d’établissements « de changer de métier » s’ils ne sont pas capables de garantir la tranquillité de leur rue.

    La moitié de salle se lève pour la huer. « Elle est là systématiquement pour nous provoquer ! Véhémente en plus ! » s’exaspère la chargée de communication d’une grosse boite parisienne.

    Clowns Devant Bertrand Delanoë, les acteurs de la nuit s’en prennent, eux, à « l’échec » des états généraux de la nuit. Les propriétaires du bar le Double Zero (rue Amelot) regrettent que la proposition de loi pour sanctionner les dénonciations abusives de tapage nocturne, soit restée lettre morte. Eric Labbé, à l’origine de la pétition « Paris la nuit meurt en silence », s’attaque, lui, aux « Pierrots de la nuit », des médiateurs déguisés en clowns chargés de calmer les teuffeurs…

    « Les fêtards qui ont trop bu se font prendre en photo avec eux ! Ça fait surtout du bruit, plus qu’autre chose ! », ajoute la porte-parole d’une association de riverains.

    Avec 350.000 euros de budget, les Pierrots de la nuit étaient la principale mesure prise après les « états généraux de la nuit ». Une somme qui aurait plutôt due être investie dans les cellules municipales de médiation entre « riverains, police et proprio », pour une organisatrice de soirée.

    Frustration Le témoignage qui a « le plus touché » Bertrand Delanöe, c’est celui d’un étudiant de 20 ans qui raconte :

    « Passées 2 heures, on ne peut plus sortir. Il faut se ruiner, dépenser 50 euros pour entrer dans une boîte et boire un verre. Sans compter qu’il faut payer le taxi. Est-ce que je vais devoir quitter Paris ? »

    « Le jour où les étudiants n’aimeront plus Paris, Paris sera une ville morte. Il y a 300.000 étudiants à Paris, voilà un enjeu ! Il faut qu’ils aient la possibilité de s’éclater ! » s’est exclamé le maire de Paris, déclenchant un tonnerre d’applaudissements.

    Problème si le maire est « sensible », ses solutions le sont un peu moins :

    « Désolé mais moi, quand j’avais 20 ans, je n’avais pas d’argent et j’arrivais quand même à m’amuser. Je vous donnerai des trucs si vous voulez ! »

    Et de dire ce qu’il pense vraiment de la frustration des djeuns devant leurs difficultés pour sortir :

    « Vous savez que les jeunes de Berlin veulent aller faire la fête à Paris ? Hier, j’étais à San Francisco avec le président de Twitter, Jack Dorsey, et il m’a dit qu’il venait à Paris ce week-end. Parce qu’il aime y faire la fête. » Avec un peu de chance, il se fera recaler par un videur mal-élevé. Et en touchera un mot la prochaine fois qu’il croisera Bertrand Delanoë.

    N’oubliez pas qu’il y a des gens qui crèvent la nuit !

    Les fêtards qui ont trop bu se font prendre en photo avec les Pierrots de nuit !


    Les Pierrots de la nuit, c’est quoi ?

    bqhidden. Désolé mais moi, quand j’avais 20 ans, je n’avais pas d’argent et j’arrivais quand même à m’amuser. Je vous donnerai des trucs si vous voulez !

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