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    28 / 02 / 2013

    «Un coup de com' ? Mais pour qui et pour quoi ?»

    Ils veulent que 18 jeunes interviewent François Hollande

    Par Robin D'Angelo

    100.000 participants: C'est le chiffre un peu fou qu'attendent Guillaume Tatu et Mathieu Proust pour leur opération « Interviewer le président » qui doit faire se rencontrer Hollande et 15 jeunes. Mais l'Elysée n'a pas donné son accord...

    Qu’est-ce que c’est que votre site « Interviewer le président » ?

    Mathieu Proust : C’est la 1ere interview de François Hollande organisée par et pour les jeunes. L’idée est très simple : c’est de reconnecter la jeunesse avec le monde politique. Ce qu’on va faire c’est sélectionner 18 jeunes qui vont aller rencontrer le président et poser les questions qui intéressent tous les jeunes.

    Guillaume Tatu : L’idée c’est de banaliser les questions qui concernent directement nos avenirs. La question c’est ; est-ce que tu as l’impression que les jeunes s’intéressent à la politique ? C’est sûr, il y en a, dans un certain environnement. Mais il suffit d’aller en province, dans des universités, en biologie par exemple, tous ces gens-là sont malheureusement déconnectés de la politique et on peut les comprendre. Parfois le langage politique, il faut avoir fait clairement bac +8 à Sciences Po pour le comprendre.

    Vidéo - Guillaume Tatu, sa carrière, ses galères

    De quoi ils vont leur parler d’après vous ces jeunes, à François Hollande?

    M : On va parler d’un petit peu de tous les sujets. On va parler d’immigration, de travail… Parce que faire un Bac + 5 et derrière ne pas trouver d’emploi, ça concerne beaucoup de monde. On va parler de tous ces sujets : ça concerne tous les Français mais en ce moment ça touche vraiment les jeunes, une population qui devait être privilégiée. (…) Toutes les candidatures qu’on reçoit, ce sont des jeunes qui ont envoyé des lettres au président, mais il ne veut pas les recevoir. Grâce à nous, François Hollande va les recevoir, il n’aura pas le choix.

    Mais vous avez un accord de l’Elysée ?

    M : On est suivi par ces gens-là. On a des « oui » plutôt officieux. On a de l’intérêt qui a été porté pour le projet. Mais un « oui » officiel de l’Elysée, on ne l’a pas. Mais on pense que ça va venir.

    G : On avait lancé le site depuis 2 heures que déjà le Twitter était suivi par l’ensemble du cabinet d’Hollande ! Je ne sais pas comment ça se passe, ils doivent avoir des alertes ! L’idée c’est d’utiliser la force de la communauté pour convaincre François Hollande de venir répondre à ces questions. On a déjà une petite communauté, en une semaine et demie ! On n’est pas inquiet pour avoir l’accord de François Hollande. Les producteurs – qui sont venus nous chercher pour nous dire : « Ah on aimerait bien travailler avec vous, on aimerait bien diffuser votre émission » – disent qu’avoir 10 .000 jeunes ce serait un succès. Mais si un gros producteur nous suit, ce sera plutôt 100.000 jeunes !

    Ré-écoutez le podcast de l’émission


    Paroles de Français, ils ne vont pas vous faire un procès pour copyright?

    M : On respecte toutes les initiatives. On n’est pas sur de la copie mais sur énième chance pour les Français de pouvoir discuter avec le président. Si demain le site est copié ou si demain il y a un nouveau Paroles de Français qui n’est fait qu’avec des jeunes, tant mieux. Le but du jeu, c’est de créer du dialogue. On n’est qu’une petite goutte d’eau dans l’océan qu’on veut créer.

    G : Paroles de Français c’est avec Jean-Pierre (Pernaut, ndlr). 25 ans de journal Jean-Pierre ! La différence ce que [TF1] a une idée bien précise des gens qu’ils veulent avoir. Et en fonction de leurs critères, ils vont sélectionner des gens. Nous on met 15 jeunes, tous les 15 jours soumis à un vote, et ce sont eux qui font leur propre communication. Tous les jeunes qu’on va mettre en concours ont la même chance. Ce n’est pas nous qui allons choisir : « Tiens, on veut un noir, on veut un handicapé ! » Non ! Que y’ait 10 noirs, ou 0 noir : on ne s’occupe pas des profils.

    Si un gros producteur nous suit, ce sera plutôt 100.000 jeunes !

    Elle est où la limite entre la com’ et le journalisme ?

    G : Mais un coup de com’ pour qui et pour quoi ? A la base, l’idée c’est de reconnecter la jeunesse avec la politique. Mais si après quelqu’un nous dit : « Hey les gars vous avez une bonne initiative. Bravo, j’ai envie de bosser avec vous. » Mais pourquoi pas ? Pourquoi pas ? Vraiment pourquoi pas ! Je n’ai aucun tabou là-dessus !

    Un « oui » officiel de l’Elysée, on ne l’a pas

    Vous lui demanderiez quoi à François Hollande ?

    G : Ca dépend à qui tu t’adresses : A Guillaume Tatu en tant que citoyen lambda ou en tant que journaliste ? Aujourd’hui , j’ai 6 mois de chômage derrière moi. J’ai un bac +5, 6 ans d’expérience, j’arrive en fin de droit, je suis au RSA, voilà… « Comment ça se passe ? » Voilà la bonne question que je veux lui demander en tant que citoyen.

    M : Où est ce rêve Français ? On fait des études, nos parents, les profs nous poussent… A quoi ça sert ? Comment est-ce qu’on va trouver du travail ?

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