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    28/12/2009

    Est-ce que pendant les fêtes les dépressifs se suicident plus?

    Par StreetPress

    SOS Amitié existe encore. Et lance même une campagne de publicité pendant les fêtes. Alors comme dans le Père Noël est une ordure, le réveillon est-il le jour le plus noir pour les dépressifs?

    Le point de départ: l’affichage municipal à Paris mis à dispo pour SOS Amitié pendant Noël

    Pour les fêtes, les 300 panneaux d’affichage lumineux de la ville de Paris sont gentiment prêtés à SOS-Amitié. Entre un “Attention au verglas” et un “Vaccinez-vous contre la grippe”. D’où notre contre-enquête: Est-ce que la période des fêtes est si terrible pour la santé mentale des personnes seules au point que les services publics se mobilisent?

    C’est vrai que pendant les fêtes, la douleur est «qualitativement plus forte»

    Il est clair que la douleur est “qualitativement” plus forte. “Le ton est plus dramatique”, nous répond Nicole Viallat, présidente de SOS Amitié

    «Cette période, c’est un peu comme l’anniversaire d’un décès. Une nuit d’un jour de l’an, quelqu’un m’a appelé alors que dans la rue on chantait « Tomber la chemise », de Zebda. Alors c’était très difficile».

    En fait, la période la plus dure de l’année ce n’est pas Noël mais janvier

    Mais SOS Amitié ne reçoit «pas plus d’appels entre Noël et le jour de l’An». Car pire que la période des fêtes, il y a le mois de janvier.

    Les chiffres l’association sont formels: « Il n’y a pas plus de suicides pendant les fêtes. Par contre, le mois de janvier c’est la période noire», nous explique Nicole Viallat: «L’année est passée. Et d’un seul coup il y a grand vide. C’est quelque chose de nouveau qui arrive, mais pour eux c’est toujours bloqué ».

    Janvier, aussi mois de la déprime pour les étudiants

    Pour les jeunes, janvier est aussi le mois le plus violent côté dépression. “Il faut prendre en compte la descente post-fête”, complète au téléphone Philippe Démare, consultant en prévention chez les jeunes. “Les diplômés de novembre n’ont toujours pas de job et on est déjà en janvier. Ajoutez à ça le stress des partiels, et les notes qui tombent quelques semaines après. Il y a aussi le cas des étudiants en prépa qui ont passé les fêtes en famille et remontent à Paris où ils ne connaissent personne”.

    Janvier c’est comme le lundi en somme, conclut Nicole Viallat: « Ca recommence. Mais pour eux c’est toujours noir. Et c’est le pic de suicides».

    Nicole Viallat

    Présidente de SOS Amitié

    «Un jour de l’an quelqu’un m’appelait et dans la rue on chantait ‘Tomber la chemise‘»

    Voir aussi sur le net: SOS Amitié

    Source: Robin D’Angelo | StreetPress

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