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    10 / 09 / 2013

    Avec le plus bling-bling des frères Debré

    Bernard Debré : « Un patient venait me voir à chaque fois qu'il faisait des partouzes avec DSK »

    Par Robin D'Angelo

    Entre une anecdote sur la Corée du Nord et une autre sur les partouzes de DSK, le député de Paris et urologue Bernard Debré explique à «H» le magazine des jeunes médecins pourquoi il assume ses – très larges – dépassements d'honoraires.

    C’est sous une affiche format XXL à sa propre effigie que Bernard Debré nous reçoit dans son bureau de l’Assemblée Nationale. Bernard Debré est en promo : il sort (encore) un nouveau livre. Comme tous les ans. A se demander où le docteur, qui est aussi député, chroniqueur sur RMC et chef de service honoraire à Shanghai, trouve le temps pour manier la plume aussi souvent que le bistouri.

    Car Debré est un peu comme un autre Bernard – Lavilliers celui-là : il est partout – même en Corée du Nord ! – a tout fait – même opéré Mitterrand ! – et apprend des choses à tout le monde – même aux agents de la DGSE ! Debré le reconnaît, il a « un gros égo ». Mais contrairement à Bernard Lavilliers, dans une autre vie il aurait bien aimé être un oligarque russe … Bling-bling vous avez dit ?

    Le muscle ptérygoïdien médial s’insère sur le disque articulaire ou la mandibule ?

    Alors là… J’aurais dit la mandibule mais je ne sais pas…

    La mandibule, c’est ça. Vous seriez capable de repasser vos examens de médecine aujourd’hui ?

    En travaillant oui, mais sinon, non. L’anatomie, c’était il y a longtemps. Mais j’ai été précepteur d’anatomie, alors il me reste quelques bribes.

    Vous étiez quel type d’étudiant ?

    J’ai énormément travaillé. Mais alors énormément travaillé. Mais par contre à partir du moment où j’étais interne, j’ai énormément déconné !

    Comment ça se passe quand on est interne et qu’on porte un nom comme Debré ?

    Ça, c’est plus difficile. Quand j’étais externe, mon grand-père [Robert Debré, ndlr] était vivant. Et il insistait pour passer des visites dans les hôpitaux où j’étais affecté. Un jour, il a téléphoné à un de ses élèves chef de service en le prévenant de son passage. Alors, ça a été l’effervescence, tout le service était dehors, en blouse blanche immaculée. Mon patron m’a fait présenter le dossier d’un patient devant mon grand-père, mais il n’a pas voulu que ce soit moi qui le prépare. Il a laissé ça à son agrégé. Je me suis contenté de lire le dossier, et évidemment mon grand-père n’a pas été dupe… Il était gentil mais extrêmement sévère.

    Aujourd’hui vous écrivez des livres, vous êtes député, chroniqueur sur RMC… C’est compatible avec votre activité de chirurgien-urologue que vous exercez toujours dans une clinique privée ?

    Je suis élu depuis 1986. Je n’ai jamais arrêté ma profession et je n’ai pas l’impression d’avoir été un mauvais député. Et j’ai beaucoup de temps pour mes patients. Jeudi dernier, j’avais une vingtaine de patients que je devais voir. Du coup, je ne suis pas allé à l’Assemblée. Il ne faut pas imaginer qu’à l’Assemblée, on est là jour et nuit. Il y a des discussions qui sont peu intéressantes. Et j’ai mes spécialités : le médical, la sécurité sociale, les affaires étrangères, l’éthique. Le reste…

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