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    15 / 01 / 2014

    L'ancien boss du Conseil constitutionnel pose un lapin aux royalistes de l'Action Française

    Pas de flammekueche pour Roland Dumas !

    Par Robin D'Angelo

    L'ancien ministre devait être l'invité vedette du « grand week-end de l'Action Française » qui se conclura par un « banquet royal » au Flam's, rue des Lombards. Déception des royalistes qui se retrouvent avec des conférenciers proches du FN.

    Coup dur pour l’Action Française : l’ancien ministre Roland Dumas ne sera pas présent au grand raout du mouvement royaliste, organisé samedi 18 janvier à Paris. Annoncé en grande pompe parmi une brochette « d’invités prestigieux », Roland Dumas devait participer au « Carrefour Royal », une journée de débats animée par les cadres de l’AF.

    Joint une première fois par StreetPress, l’ancien boss du Conseil constitutionnel « n’était pas sûr de pouvoir venir ». Avant de confirmer quelques heures plus tard qu’il ne pointerait pas le bout de ses chaussures à la petite sauterie royaliste :

    « Je ne pourrais pas être là, j’ai autre chose à faire à l’étranger. »

    Une tuile pour le staff de l’Action Française qui mardi en fin d’après-midi confirmait encore à StreetPress la venue de l’intime de François Mitterrand.

    Carrefour Royal

    Le 3e week-end du mois de janvier est une date traditionnellement marquée d’une pierre blanche dans l’agenda royaliste : il commémore la décapitation de Louis XVI, le 21 janvier 1793.

    Cette année l’AF organise son traditionnel dépôt de gerbe en l’honneur du Roi le dimanche 19, à l’Eglise de la Madeleine. Le samedi 18 est, lui, consacré à une journée de débats. Au menu de ce « Carrefour Royal » : deux tables rondes sur « la souveraineté, l’Europe, la nation » et « la France et ses peuples ». Avant une galette des rois et une réunion publique.

    La journée se terminera en beauté par un « banquet royal » au Flam’s de la rue des Lombards (Paris 1er), un fast-food spécialisé dans les tartes flambées alsaciennes. Mais Roland Dumas le confirme à StreetPress : il ne mangera pas de flammekueche à Châtelet, avec les héritiers des camelots du Roi.

    Loose

    Programme de la journée

    Après Elisabeth Lévy, c’est la deuxième défection de rang pour ce « grand week-end d’Action Française ». Également invitée, la rédactrice en chef du magazine Causeur a annoncé le 4 janvier qu’elle n’irait pas trinquer avec l’Action Française. Dans un communiqué moqueur, son journal ironise sur les « charlots » et les « amateurs de Bourbons hors d’âge » du mouvement royaliste.

    Plus diplomate, Roland Dumas invoque une incompatibilité d’emploi du temps et un quiproquo avec « son ami Élie Hatem », avocat du journal l’Action Française et candidat aux municipales à Paris sur la liste FN de Wallerand de Saint-Just. Dumas de revenir sur l’imbroglio :

    « Ils ont été un peu imprudents, je ne leur avais pas donné mon accord. Élie Hatem, que je connais bien et qui est un de mes amis à la cour de Paris, m’a appelé pour m’inviter. On est suffisamment liés pour qu’il ait cru pouvoir annoncer ça comme ça. »

    Mais attention ! A StreetPress, Dumas, 91 ans, insiste haut et fort sur ses convictions « d’homme de gauche » et affirme qu’il n’a « aucun point de convergence avec l’Action Française dont il est éloigné depuis toujours. » Quant à ses amitiés avec certains cadres du FN que lui prête la presse, il dément :

    « La presse écrit ce qu’elle veut. Je n’ai jamais dîné chez les Le Pen, pas plus que je suis ami avec Louis Alliot. »

    Extrême droite

    Résultat des courses, la « Carrefour royal » de l’Action Française risque d’avoir des faux-airs de meeting de Front National. Parmi les intervenants encore annoncés, les candidats FN Aymeric Chauprade et Élie Hatem, le cadre du Rassemblement Bleu Marine Paul-Marie Coûteaux ou encore l’ancien vice-président du FN Jean-Claude Martinez.

    François Bel-Ker, l’organisateur de la journée, jure pourtant que « l’Action Française ne se sent pas proche du Front National » en citant pêle-mêle Léon Blum, Régis Debray ou François Mitterrand comme sensibles aux idées royalistes. A StreetPress, il témoigne de la volonté du mouvement de recentrer son image :

    « On travaille beaucoup depuis 2002 avec les milieux souverainistes au-delà de la droite ou de la gauche. L’Action Française est transclivage ! C’est dans son essence même monarchique. »

    Pour « ce grand week-end » royaliste, c’est encore raté.

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