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    25 / 02 / 2014

    Invités : Pierre Moizat, co-fondateur de Bitcoin Central, et Etienne Hayem, spécialiste des monnaies complémentaires

    « Le Bitcoin : Arnaque ou révolution ? », l'émission spéciale

    Par Robin D'Angelo

    Tous les derniers lundi du mois de 19h à 20h, suivez en direct l'émission de StreetPress. Cette semaine, on a voulu se faire pédagos pour que le Bitcoin n'ait plus de secret pour vous

    Des dealers qui se servent du Bitcoin pour écouler de la crystal-meth sur le darknet. D’autres qui essaient de blanchir de l’argent, quand ce n’est pas pour recourir aux services d’un tueur à gage….

    Depuis qu’il fait la Une, le Bitcoin fait peur. Mais si les vrais enjeux autour de cette monnaie virtuelle n’étaient pas là ? Et si nous n’étions qu’aux prémices d’une révolution de l’économie ? Car s’il intéresse les mafias, le Bitcoin suscite aussi beaucoup d’intérêt chez tous les adeptes de l’open data et du logiciel libre.

    Avec nos 2 invités, on a essayé d’être aussi pédagogue que Jean-Pierre Gaillard pour essayer de comprendre les enjeux derrière le Bitcoin.

    Les invités :

    > Etienne Hayem (suivre sur Twitter ) : Membre du collectif OuiShare où il travaille sur les monnaies complémentaires.

    > Pierre Noizat : Co-fondateur de Bitcoin Central, la première plate-forme française qui permet d’acheter du Bitcoin et du livre « Bitcoin book ».

    1Retrouvez le podcast de l’émission

    2…Et les meilleurs extraits de l’émission

    strong>Pierre Noizat - Co-fondateur de Bitcoin Central

    « Si j’ai des bitcoins ? Je ne sais pas si c’est la question la plus importante sur le sujet… J’en ai quelques-uns, parce qu’effectivement c’est une technologie qu’il est important d’essayer pour comprendre, parce qu’elle a un côté extrêmement pratique et intuitif, un peu comme le mail. D’ailleurs c’est aussi simple que ça : envoyer, recevoir. C’est ce que devrait être une transaction. C’est loin d’être le cas aujourd’hui, et c’est ce que permet Bitcoin. Alors il n’est pas inintéressant de l’essayer, même avec un tout petit montant, pour voir un peu ce que c’est.

    Pour acheter des bitcoins, c’est tout simple. Vous envoyez des euros sur un compte en banque qui est gardé chez un partenaire bancaire, et avec ce compte en euros vous pouvez acheter des bitcoins. Et vous avez donc aussi un compte en bitcoin, et vous les retirez comme vous retirez des euros. Et comme il faut bien vivre, payer les factures, on prend une petite commission, qui représente 0,5% de la transaction pour l’acheteur.

    Pour payer en bitcoins, c’est une logique de prépayé : il faut avoir des bitcoins. Vous allez payer chez ce commerçant avec un portable – plutôt un Android, parce qu’apparemment Apple craint que Bitcoin lui fasse de la concurrence sur leur système de paiement iTunes, qui a beaucoup de succès, donc ils ont une grande inquiétude par rapport à Bitcoin. Par contre Google et Android ont compris sans doute plus de choses sur l’économie numérique et sont résolument logiciel libre, donc il y a des porte-monnaies sur Android.

    Pour le marchand, il y a plusieurs avantages à accepter le bitcoin. Comme des commissions plus faibles. Autre avantage : vous n’avez pas besoin de louer un terminal de paiement particulier. Prenez l’exemple d’un contenu numérique que vous vendez avec PayPal, un article de journal sur internet : PayPal va prendre 30% du prix de l’article, c’est énorme. Avec Bitcoin, l’éditeur va avoir 99% des revenus pour lui, donc c’est évidemment plus intéressant pour des contenus numériques. Pour un coiffeur ou pour un bar, c’est plus un côté pratique, d’avoir des paiements plus fluides… C’est aussi un acte militant, pour dire qu’il n’y a pas que les grands systèmes centralisés, américains en l’occurrence. »

    Etienne Hayem – Membre du collectif OuiShare

    Acheter des bitcoins, c’est tout simple!

    « Comme pour une monnaie, le bitcoin repose sur un accord de confiance pour utiliser quelque chose comme moyen de paiement. Le quelque chose, pour le coup, c’est des bits de données. On parle souvent de monnaie virtuelle, parce qu’il n’y a pas forcément de pièces et de billets. Mais prenez l’euro : on sait aujourd’hui que c’est 3%, la masse monétaire en pièces et billets, donc tout est finalement virtuel. Et derrière, on sait que ce n’est plus garanti en or… Donc qu’est-ce qui est vraiment virtuel ? Ce qu’il y a c’est que ça marche parce qu’on a confiance, et qu’on se dit : si jamais le truc plante, l’État nous donnera… quelque chose, en échange. Mais on ne sait pas trop quoi… Donc finalement, le mot qui me va bien c’est crypto-currency, les monnaies cryptées.

    Pour les commerçants qui acceptent le bitcoin, il y a un effet de tendance, aussi, qui fait qu’on est en train de parler d’eux, qu’ils sont dans le coup… Autre exemple : si je dois faire demain un transfert d’argent en Afrique du Sud, je passe en bitcoin et je fais la transaction tout de suite avec des frais réduits. De l’autre côté, la personne doit avoir un compte Bitcoin, et refait la transaction, et je me suis débarrassé des banques, et de tous les spécialistes du transfert de fonds, etc. C’est beaucoup plus rapide et c’est beaucoup moins cher.

    Naspter a été fermé justement parce que ce n’était pas décentralisé, et bit-torrent existe toujours, parce que c’est décentralisé. Donc c’est un très bon exemple de protocole.

    Nous on réfléchit et on travaille sur le Symba, qui n’est pas convertible en euros. Et ça c’est une différence fondamentale : ça veut dire que si t’es russe, t’as des millions, tu viens, tu veux des symbas, bah… Désolé, il faut être une entreprise qui crée de la richesse réelle sur le territoire. Donc c’est en commençant avec les entreprises, les commerces locaux et indépendants, tout ce qu’on connaît qui est palpable et qui peut créer de la richesse, c’est à eux que l’on va donner des crédits symba, et ça c’est convertible ni en bitcoin, ni en pêches, etc. Donc c’est vraiment deux systèmes différents. »

    3En fin d’émission, il y avait la session acoustique

    Histoire de relancer la street-cred de StreetPress, Mr Beksoul, membre du groupe K.Ommando Toxik est venu poser en live le premier extrait de son album, prévu pour la rentrée prochaine. “I Am Here”, en live dans les studios de Radio Campus ou en clip feat Akhenaton !

    Prenez l’euro : la masse monétaire en pièces et billets, c’est 3%
    Naspter a été fermé justement parce que ce n’était pas décentralisé

    4Sans oublier nos chroniqueurs

    > Mathieu Molard (@MatMolard) revenait, pour la chronique «Première fois», sur sa première visite à Sutka, le plus grand quartier rom au monde.

    > Quentin du Tryangle.fr faisait son grand retour, avec une « chronique geek » consacrée à cette expérience « collaborative » qui a vu 26 millions d’internautes tenter de contrôler un Pokémon en simultané.

    > La rédaction de StreetPress vous gratifie quant à elle de sa Pastille Vichy, revue de presse d’extrême-droite, orchestrée par Robin D’Angelo (@robindangelo).

    StreetPress existe depuis déjà 10 ans. Aujourd’hui, il nous manque 40.000 euros pour boucler l’année et pouvoir frapper encore plus fort l’an prochain. Parce qu’aucun milliardaire n'est au capital, si nous ne les réunissons pas StreetPress s’arrêtera. Sauvez StreetPress en faisant un don, maintenant.

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