En ce moment

    28 / 04 / 2014

    Après le désistement de nombreuses marques, M6 supprime sa page « partenaires »

    Pékin-Express : la mobilisation des internautes pousse H&M à lâcher M6

    Par Mathieu Molard

    La mobilisation contre Pékin-Express porte ses fruits : H&M a demandé le «retrait immédiat de son logo» du site de M6. Les internautes reprochent au divertissement, tourné en Birmanie, d'ignorer le drame qui touche les musulmans Rohingyas.

    C’est une petite victoire pour la muslimosphère. La mobilisation des internautes – principalement musulmans – a poussé la marque H&M à demander « le retrait immédiat de [son] logo » du site web de M6. Dans les heures qui suivent, plusieurs autres partenaires se désolidarisent de la chaîne. Et ce mardi 29 avril, la chaîne a purement et simplement supprimé la page listant ses sponsors.

    A l’origine du bad-buzz : les premiers épisodes de Pékin-Express, tournés en Birmanie. Si la destination donne des aigreurs d’estomac aux internautes c’est que le pays est le théâtre d’un drame. Quelques 800.000 Rohingyas, musulmans, sont victimes de l’oppression de la majorité bouddhiste et de son gouvernement. Ils seraient même selon l’ONU « la minorité la plus persécutée au monde ». « Il y a quelques semaines, le gouvernement a même viré Médecin Sans Frontière du pays, justement parce qu’ils tentaient de leur venir en aide. Et M6 organise un jeu sur place en masquant totalement la question ! », rappelait à StreetPress Idriss Sihamedi président de l’ONG BarakaCity.

    Carte postale Jointe par StreetPress, M6 déclarait que Pékin-Express « n’a pas vocation à traiter du contexte géopolitique. » A la diffusion, on comprend que la ligne n’a pas changé d’un pouce. Au programme des « belles rencontres » dans des paysages de carte postale, avec une complaisance qui parfois pouvait carrément mettre mal-à-l’aise. Comme cette séquence où deux candidats contemplent des dizaines d’enfants au garde-à-vous dans la cour de leur école chanter, pendant plus d’une heure, leur amour de la patrie. Commentaire d’un candidat face à cette mise en scène soviétique : « c’est magnifique ». Aïe !

    Pékin-Express n’a pas vocation à traiter du contexte géopolitique

    La mobilisation des internautes semble avoir porté ses fruits. Sur son blog, Al-Kanz, rapporte la disparition du logo de la marque de vêtement H&M de la liste des partenaires. Dans un mail envoyé à une internaute qui s’indignait de voir l’entreprise cautionner l’émission, H&M explique :

    « En réalité des vêtements ont été prêté au présentateur de l’émission Stéphane Rotenberg, pour l’habiller, mais cela ne fait pas de nous des partenaires de l’émission. Par conséquent, nous avons demandé le retrait immédiat de notre logo afin d’éviter toute confusion. »

    Fidèles Et de conclure en présentant ses excuses à ceux qui ont pu se sentir offensés. « En souhaitant vous garder parmi nos fidèles clientes. » Si H&M se montre aussi attentive à sa web-réputation, c’est qu’elle est en plein dans une autre polémique : la marque aurait compté un sous-traitant au Rana Plaza, un immeuble de Dacca, au Bangladesh, abritant des ateliers de confection textile, qui s’est effondré le 24 avril 2013, faisant plus de 1.000 morts. Un mail envoyé par erreur à un journaliste de France24 et publié ici, montre l’attention toute-particulière que porte la marque aux réseaux sociaux*.

    Sur twitter, la marque @TwinsForPeace, annonce avoir également demandé le retrait de son logo du site de M6. Dans les heures qui suivent, c’est une véritable hémorragie: La marque de vaisselle Guy Degrenne, les créateurs de vêtements Sari City et Eleven Paris se désolidarisent de la chaîne. Et ce matin patatras, M6 avait carrément supprimé la page « partenaires » de son site internet.

    En souhaitant vous garder parmi nos fidèles clientes…

    Edit du 28.04.14 à 16h15 : Le logo de la marque de vêtements @elevenparis a également disparu du site de M6

    Edit du 29.04.14 à 11h45 : M6 supprime sa page « partenaires ».*

    Chez StreetPress, aucun milliardaire n'est aux commandes et ne nous dit quoi écrire. Nous sommes un média financé par des lecteurs, comme vous. Devenez supporter de StreetPress, maintenant.

    Je soutiens StreetPress