En ce moment

    11 / 10 / 2016

    Des jeux pour se faire des copains

    On s’amuse comme des petits fous au Social Bar!

    Par Robin D'Angelo

    Un bar pour rencontrer du monde même si l’on est timide. Voilà le concept du Social Bar qui vient d’ouvrir à Gare de Lyon. Mais le spot est aussi social par son financement et son engagement caritatif.

    « Allez ! On commence à jouer ! » lance Renaud Seligmann, le boss du Social Bar, dans le 12e arrondissement de Paris. Il aborde un client adossé au comptoir pour lui proposer une partie de dés. S’il obtient un chiffre entre 1 et 2, le bar lui fait un rabais de 2 euros sur sa conso’. A l’inverse, si c’est un 5 ou 6, ce dernier devra payer 1 euro plus cher. Le client fait rouler le dé. Pas de bol, c’est un 5. « Arf ! Le prix de ta bière passe de 3 à 4 euros ! » regrette Renaud. Mais le pari est gagné, les deux inconnus ont engagé la discussion.

    Des jeux à gogos

    Bienvenue au Social Bar, un bar du quartier de Gare de Lyon, qui propose des jeux en tous genres pour « casser les barrières de l’entrée dans la conversation ». Le patron Renaud Seligmann explique ce qui fait la spécificité de son spot :

    « Dans les bars, les gens ne se rencontrent pas, sauf les personnes extraverties. Ici, on veut recréer du lien social. »

    A l’entrée du Social Bar, une table avec des étiquettes en forme de poisson et un rouleau de scotch. Dès qu’ils pénètrent dans l’établissement, les clients doivent inscrire leur nom, leur cocktail préféré et la ville de leurs rêves sur le morceau de papier. Puis aborder un autre client pour lui demander de leur coller l’affichette le dos. Une façon, là encore, d’inciter les consommateurs à faire connaissance.

    https://backend.streetpress.com/sites/default/files/socialbar1.jpg

    Au pays des lutins joyeux. / Crédits : Robin D'Angelo

    Renaud et sa team regorgent d’idées pour jouer les entremetteurs. Il y a la social barbichette – une version maison de « je te tiens, tu me tiens » – ou encore le social bartender pendant lequel un client est invité à passer derrière le bar. Et puis, il y a le social phone. Dans une urne en carton, des morceaux de papier avec des numéros de téléphone d’habitués du Social Bar. On en tire un au sort. On compose le 06. A l’autre bout du fil, la messagerie d’une dénommée Marie. On laisse un message :

    « Salut Marie, ici Robin du Social Bar. Ben si tu veux discuter, n’hésite pas à me rappeler. »

    Un modèle social et solidaire

    Social, le bar l’est aussi par son mode de financement. Ici, il y a 175 co-patrons. Pour lever les 46.000 euros qu’il lui manquait pour ouvrir l’établissement, Renaud a organisé un crowdfunding. En contrepartie, les donateurs sont copropriétaires du bar. Une fois par an, ils peuvent y organiser une teuf à tout rompre. Ils s’engagent aussi à reverser 50% des bénéfices que leur octroie leur part à une association caritative de leur choix. Renaud Seligmann, à l’initiative du projet, a fait ses armes dans l’économie sociale et solidaire. L’entrepreneur de 32 ans a bossé dans la micro-finance à Madagascar et aux Philippines avant de devenir coordinateur de Mouves, le Mouvement des entrepreneurs sociaux. C’est avec Maeva Tordo directrice de l’incubateur de l’ESCP, David Rivoire, boss de VAE Les 2 Rives et Abdel Sadrati, restaurateur, qu’il lance le projet.

    https://backend.streetpress.com/sites/default/files/socialbar2.jpg

    Chantons en cœur ! / Crédits : Robin D'Angelo

    La journée, le Social Bar se transforme en espace de coworking avec un service de restauration le midi. A terme, Renaud Seligmann espère de faire de son spot un lieu de rendez-vous pour les acteurs de l’économie sociale et solidaire. Nous, on attend toujours un coup de fil de Marie, l’inconnue dont on a trouvé le numéro grâce au social phone.

    Chez StreetPress, aucun milliardaire n'est aux commandes et ne nous dit quoi écrire. Nous sommes un média financé par des lecteurs, comme vous. Devenez supporter de StreetPress, maintenant.

    Je soutiens StreetPress