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    26 / 03 / 2018

    Voici pourquoi nous avons besoin d’un Muslim Women’s Day à la française

    Par Selma Bouledjouidja

    Ce 27 mars, l’association Lallab lance le Muslim Women’s Day. Une journée pour lutter contre le traitement médiatique des femmes musulmanes, victimes d’islamophobie et de sexisme, toujours dans l’optique de défendre un féminisme inclusif.

    Le Muslim Women’s Day est une journée de célébration. Une journée pour parler de toutes ces femmes musulmanes complètement badass, trop souvent marginalisées. Ce 27 mars est l’occasion de se réapproprier notre narration, nous femmes musulmanes, et de mettre un terme au silence qu’on nous impose.

    Lancé l’an dernier aux USA, le Muslim Women’s Day est à l’initiative d’“Amani Al-Khatahtbeh”:https://www.youtube.com/watch?v=nUKp5p77Ev4, rédactrice en chef et fondatrice du média américain Muslim Girl. Dans un climat politique et social compliqué, où l’image des femmes musulmanes est toujours plus écornée et tronquée, nous avions, nous aussi, besoin d’un Muslim Women Day à la française. Raison pour laquelle nous avons décidé de lancer chez Lallab, la première édition en France. Lallab est pro-choix, apartisane et areligieuse. Et nous souhaitons que toutes les femmes puissent être libres d’être qui elles veulent être, qu’elles soient musulmanes ou pas.

    Repenser le traitement médiatique des femmes musulmanes

    Nous voudrions parler du traitement médiatique autour des femmes musulmanes, qui est problématique voire même dangereux. Elles sont constamment infantilisées, hyper sexualisées, dépeintes comme ignorantes, soumises, etc… Des clichés qui ont un impact sur la vie quotidienne de ces femmes et peuvent entraîner des actes racistes, sexistes et islamophobes violents. Mais ces conséquences sont bien souvent invisibilisées. Et lorsqu’elles sont voilées, c’est souvent pire.

    Pour le site Muslim Girl, j’ai écris un article en anglais sur la situation des femmes musulmanes en France. Le constat est triste : elles sont empêchées d’accompagner les enfants lors des sorties scolaires, ont des soucis pour trouver du travail, des problèmes d’accès aux soins médicaux, des difficultés à entrer dans des salles de sport, sans parler du burkini ou de l’affaire Mennel. A chaque jour, son nouveau problème autour du voile et de sa soi disant remise en cause de la laïcité. Comme si le voile était le problème le plus délétère en France. Il n’y a pas un mois sans que la télé, la presse, la radio ou les réseaux sociaux en parlent négativement. Cette normalisation des stigmatisations doit cesser. Nous en avons marre. Nous ne pouvons plus la supporter. Elle est trop dure à supporter psychologiquement.

    Un féminisme plus inclusif

    Rappelons-le: les femmes musulmanes ne sont pas un bloc monolithique. Comme toutes les femmes, nous sommes plurielles: d’origines différentes, jeunes, moins jeunes, valides, en situation de handicap, voilées, ou non, d’identité de genre et d’orientation sexuelles diverses … Et nous ne serons jamais assez inclusifs ! Nous sommes étudiantes, auto-entrepreneurs ou femmes au foyer. Nous sommes plurielles, fortes et nous ne laisserons plus des homme cis et blancs parler à notre place. Nous voulons prétendre à prendre la parole, autant dans les médias que dans les mouvements féministes et dans tous les espaces publics.

    Jusque très récemment, je pensais que le féminisme était un truc de blancs. Je ne me sentais pas représentée par les associations existantes. Lallab a changé la donne pour moi. Et je voudrais en faire de même pour d’autres femmes, qui ne se sentent pas représentées non plus.

    Nous sommes là, les unes pour les autres, et ça nous aide chaque jour. Chez Lallab, il y a plein d’amour et de sororité. Et aujourd’hui, en cette journée entièrement dédiée à ces questions, nous voudrions mettre fin à ce traitement médiatique insoutenable et mettre en valeur la pluralité des femmes musulmanes. Nous invitons tout le monde à s’exprimer. Retrouvez une voix et parlez-nous de votre vécu et de vos pensées. Nous sommes les mieux placées pour nous représenter. Célébrons-nous.

    Propos recueillis par Inès Belgacem

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