Trois anciens détenus racontent l’enfer du mitard, la cellule où les détenus sont enfermés quand ils sont sanctionnés en prison. Insalubrité, suicide, séquelles psychologiques et physiques, une association réclame sa suppression.
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« Le mitard, c’est une prison dans la prison. Mentalement, ça te tue. » À 34 ans, Pourceu, originaire de Maurepas dans les Yvelines (78), se souvient devant la caméra de StreetPress de ses journées passées au trou. Le QD plus précisément, pour « quartier disciplinaire ». Une cellule de 9m2, souvent insalubre, sans aucun loisir. Les détenus y sont enfermés quand ils sont sanctionnés pour des mauvais comportements en détention. 23 heures sur 24. Avec une heure de sortie, isolé, dans une cour de promenade où se promener relève du défi tant elles sont petites :
« La première fois que j’y ai été, j’ai pris 30 jours. C’était à cause d’une bagarre et de plusieurs rapports que j’avais eu. Ça m’a laissé des séquelles, je suis traumatisé. Encore aujourd’hui, je fais des cauchemars où je suis au mitard. »
Supprimer le mitard
Début février, l’Observatoire international des prisons (OIP) publie un rapport sur la discipline derrière les barreaux. Après un an d’enquête auprès de détenus et de spécialistes de l’univers carcéral, ils font une demande sans appel : supprimer le quartier disciplinaire. Prune Missoffe, responsable analyses et plaidoyer pour l’ONG s’explique :
« Au quartier disciplinaire, on a 15 fois plus de risque de mettre fin à ses jours. Sachant qu’en prison, c’est déjà huit fois plus élevé qu’à l’extérieur. Et c’est juste le symptôme des conditions dramatiques dans lesquelles les détenus sont enfermés quand ils sont condamnés au quartier disciplinaire. »
Pour comprendre ces conditions de vie, StreetPress a réuni dans cette vidéo trois anciens détenus passés entre les quatre murs du mitard. Pourceu, Djilali Belhaouas et Adama Camara dénoncent des conditions de vie inhumaines et témoignent du traumatisme que cette sanction leur a laissé.
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